Affaire Epstein: quand la perversion rencontre l’impunité
Dans sa tentative de compréhension du phénomène, à la lumière de l’affaire Epstein, la psychanalyse refuse deux conforts, celui de l’explication morale qui distribue les rôles entre monstres et innocents, et l’illusion inverse selon laquelle tout serait soluble dans des facteurs sociaux. Elle introduit une troisième perspective, plus ...
Le pouvoir face au fantasme de la femme dangereuse
La logique de la théorie kleinienne nous apprend que, lorsqu’un groupe ou un régime se sent menacé, il peut recourir à des mécanismes archaïques de défense, tels que le clivage, la projection, la désignation d’un mauvais objet sur lequel décharger l’angoisse. Le féminin devient alors un écran où se projettent des peurs ...
Iran: le regard féminin comme scandale politique
Ces femmes ne contestent pas seulement une mesure ou un gouvernement. Elles déplacent le regard. Et si elles sont la cible des forces gouvernementales, c’est à cause de la terreur qu’elles suscitent chez les détenteurs de l’ordre public et moral. La violence genrée ne relève alors plus uniquement d’une idéologie religieuse ou d’un ...
Aveugler plutôt que tuer, désubjectiver sans produire la mort
Tuer supprime un corps, désubjectiver fabrique un survivant, durablement réduit à la peur et au retrait. Des blessures oculaires au Liban en 2019, aux mutilations documentées lors de manifestations non seulement en Iran, mais sur plusieurs continents, un même objectif se répète, celui de viser la face pour produire un exemple et terroriser ...
Iran: le pouvoir qui vise les yeux, ou la guerre faite au regard
Lorsque la violence des forces publiques se déchaine, son but n’est pas seulement de disperser, mais aussi d’impressionner, de signifier. Viser les yeux dans une foule n’est pas uniquement une manière de blesser. C’est une attaque contre ce qui, chez l’être parlant, fait lien entre le corps, le psychisme, la preuve et l’existence ...
L’ombre de l’enfance sur le corps et la psyché de l’adulte
Les réflexions de Piera Aulagnier, de F. Dolto ainsi que celles de D. Winnicott, dont nous avons parlé la semaine dernière, ces réflexions insistent, chacune à leur manière, sur le fait que le nouveau-né ne peut pas, seul, transformer ce qu’il ressent en expérience partageable. Il a besoin d’un autre pour traduire, contenir, ...
L’enfant dans l’adulte ou l’empreinte des premiers liens
Au tout début, un nouveau-né n’a ni mots ni pensées, mais il a un corps, des sensations, une détresse. Ce sont les adultes qui parlent pour lui, interprètent ses cris, prêtent un sens à ses gestes. De ces premiers liens, soutenants ou défaillants, dépend en grande partie la manière dont, plus tard, un adulte habitera son corps, ses ...
Les états-limites, entre façade d’adaptation et cœur en tempête
Ils savent s’accrocher, bien se présenter, travailler, aimer, parfois briller. Leur conversation est vive, leur humour incisif, leur allure résolue. Ils donnent l’impression d’avoir les deux pieds sur terre, des liens tissés et le sens de la réalité. Pourtant, derrière cette apparence, quelque chose d’interne palpite de ...
Les sexualités humaines dans le labyrinthe de l’inconscient
S. Freud a montré que la sexualité humaine est d’emblée éclatée, «polymorphe», structurée par des pulsions. La sexualité infantile qu’il décrit, n’est ni ordonnée par la reproduction ni par une identité de genre stabilisée. Elle se déploie dans le corps, dans la bouche, dans les zones d’excrétion, dans le regard, dans la ...
«Deviens ce que tu es», contre l’identité du prêt-à-penser
Cette recommandation de Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, semble, de nos jours, avoir été rangée dans la catégorie de slogan d’annonceur, recyclée par la publicité et l’idéologie positiviste. Il suffit de regarder les injonctions à «être soi-même» qui accompagnent un parfum, un smartphone, une marque de vêtements. ...