Riyadi en patron, La Sagesse en question
Youssef Khayat plane vers le cercle… mais Hoops garde la main au buzzer. ©©Sarkis Yeretsian

Trois jours après avoir fait tomber le “terrible” Riyadi à Ghazir en WASL, La Sagesse a replongé en championnat, battue à domicile par Hoops (94-100). Une rechute qui fait tache, pendant que Riyadi, lui, poursuit sa marche sans faute et confirme son statut de patron.

Mercredi, Ghazir vibrait comme un volcan : La Sagesse avait sorti le bleu de chauffe, l’orgueil en bandoulière, pour dominer Riyadi dans un de ces duels qui réveillent trente ans de rivalité. Et puis, sans prévenir, le yo-yo. Le week-end a ramené les Verts sur terre, et même un peu plus bas : défaite à la maison, dans une salle Antoine Choueiri pourtant acquise à leur cause, face à Hoops, adversaire supposé “jouable”. Score final : 94-100. Le genre de gifle qui pose des questions plus vite qu’elle ne donne des réponses.
Une gueule de bois en plein Ghazir
Le match a basculé sur un détail qui n’en est jamais un : la maîtrise. La Sagesse a laissé filer trop de possessions, trop de ballons, trop de petits cadeaux emballés pour l’adversaire. Vingt-six ballons perdus, contre seize côté Hoops : à ce niveau, c’est une fuite d’eau dans une finale de barrage. Et quand en face, ça met les mains partout (16 interceptions), ça transforme la nervosité en points faciles.
Paradoxalement, La Sagesse avait de quoi éteindre l’incendie : Walter Hodge a livré un récital (39 points), Paris Bass a suivi (16 points, 9 rebonds, 5 interceptions), Kevin Murphy a ajouté 14 points, Rudy el-Hajj Moussa 10. Une feuille de stats qui devrait suffire à fermer le dossier. Sauf que le basket ne se gagne pas uniquement au talent : il se gagne aussi au contrôle, à l’équilibre, à la capacité de rester propre quand le match devient sale.
Hoops, lui, a joué le coup à fond, sans complexe et sans fioritures. Trazerian White a répondu au feu par le feu (36 points), Kederian Johnson a pesé (14 points, 9 rebonds), Ahmed Akkawi (14 points) a planté ses aiguilles, Amari Kelly (11) a fait le lien. Hoops n’a pas “volé” sa victoire : il l’a provoquée, minute après minute, en profitant de chaque flottement vert.
Le contraste qui dérange
Ce revers, ce n’est pas juste deux points lâchés. C’est le contraste qui pique. La Sagesse vient de prouver qu’elle pouvait faire plier Riyadi sur la scène régionale… et elle se fait surprendre, chez elle, en championnat. Dans les tribunes, la colère ne s’est pas limitée au score : c’est l’irrégularité qui exaspère, cette impression d’équipe capable du meilleur quand l’affiche la transcende, puis vulnérable dès que la soirée exige simplement de la rigueur.
Dans les couloirs, le mot qui revient est brutal : constance. La Sagesse a des armes, des individualités, des ambitions. Mais un candidat au titre n’a pas le luxe de jouer en dents de scie. Surtout quand la moindre baisse d’intensité se paye cash, et que le public, lui, ne signe pas pour des montagnes russes.
Riyadi, lui, ne tremble pas
Pendant que La Sagesse se cherche, Riyadi continue d’empiler les victoires comme on empile les preuves. Face à Shabab Batroun, le champion en titre a dû travailler, mais il a gagné (81-72) et reste invaincu. Amir Saoud a mené la danse (20 points), Maurice Kemp a été solide (19 points, 5 rebonds), Perrin Buford a noirci la feuille (11 points, 10 rebonds, 5 passes), et le collectif a répondu présent, avec ses standards de patron : maîtrise, gestion, et la capacité à fermer le match quand il le faut.
C’est là que le championnat raconte sa vérité : Riyadi avance au rythme du titre. La Sagesse, elle, avance au rythme de ses humeurs. Et dans une course longue, ce décalage finit toujours par se voir au classement… et dans les têtes.
Mercredi, La Sagesse a rappelé qu’elle avait les moyens de renverser le roi. Ce week-end, elle a rappelé qu’elle pouvait aussi trébucher sur un match qui semblait à sa portée. Dans une saison qui vise haut, ce n’est pas un accident : c’est un signal.


 

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