Le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien a élu sa présidente mercredi lors de sa première session, tenue plus de deux ans après les législatives du fait des divisions persistantes entre les deux principales formations.
L'assemblée législative régionale doit désormais élire un président du Kurdistan et un Premier ministre.
Depuis des décennies, la vie politique dans cette province du nord de l'Irak est marquée par la lutte entre deux grands partis historiques et les familles qui les soutiennent: d'un côté, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) du clan Barzani, et de l'autre, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) des Talabani.
Le PDK est arrivé en tête des élections d'octobre 2024 avec 39 sièges sur 100, après quatre reports du scrutin dus notamment aux divergences entre PDK et UPK.
Mais depuis, les travaux législatifs étaient paralysés par des querelles incessantes au sujet de la répartition des postes clés et de la composition du gouvernement.
Mercredi, l'assemblée kurde a finalement tenu sa première session, à laquelle ont assisté 52 parlementaires, qui ont élu Vala Fareed Ibrahim, la candidate du bloc du PDK, selon un journaliste de l'AFP sur place.
L'UPK, qui a obtenu 23 sièges, a boycotté la session, comme «Nouvelle génération», un bloc de 15 députés et d'autres petits groupes.
Mme Ibrahim a estimé devant la presse que son élection était «au service de toutes les composantes du Kurdistan et ne s'opposait à aucune partie». Elle a appelé tous les groupes à mettre fin à leur boycott et à revenir au Parlement.
L'UPK «croit en l'action commune et au consensus national pour redresser la trajectoire générale de la gouvernance au Kurdistan (…) mais il semble que le PDK ait reproduit les mêmes erreurs que par le passé», a pour sa part déclaré à l'AFP un de ses responsables, Salar Mahmoud.
Autonome depuis 1991, le Kurdistan s'affiche comme une oasis de stabilité propice aux investissements étrangers en Irak, pays aux immenses richesses pétrolières.
Mais militants et opposition y dénoncent, entre autres maux, corruption, affairisme, clientélisme, et répression de toute voix dissidente.
AFP