Le réalisateur iranien primé Jafar Panahi, plusieurs fois condamné, a fait mardi sa première apparition publique depuis son retour fin mars dans son pays, à l'occasion des funérailles d'une ancienne vedette du football, selon des séquences vidéo.

Le lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes en 2025 est rentré en Iran peu après avoir assisté à la cérémonie des Oscars 2026 à Los Angeles, malgré des poursuites judiciaires à son encontre et ses vives critiques à l'égard de la répression des manifestations antigouvernementales en janvier.

M. Panahi n'avait plus été vu depuis son arrivée en Iran, mais il semblait être en liberté malgré l'annonce de peines de prison prononcées à son encontre.

En juin, un tribunal iranien avait rejeté un recours contre une peine d'un an de prison. Et son avocat a indiqué la semaine dernière qu'il avait été condamné à plus de cinq ans de prison malgré des accusations floues.

Des images publiées par l'agence de presse iranienne Isna ainsi que par des médias basés hors d'Iran, notamment Radio Farda et VoA Persian, montrent M. Panahi lors des funérailles de l'ancien footballeur de l'équipe nationale Hamid Alidoosti.

Arborant ses habituelles lunettes teintées, M. Panahi a étreint Peyman Maadi, l'un des acteurs iraniens les plus en vue, et s'est assis à ses côtés lors des funérailles.

En mai, Isna avait rapporté que le cinéaste était rentré en Iran le 30 mars, en plein pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre la République islamique.

Le réalisateur de 66 ans a été emprisonné deux fois. La première en 2010 pendant 86 jours, puis à nouveau sept mois entre 2022 et 2023. Il avait été libéré après une grève de la faim.

Figure de la Nouvelle vague du cinéma iranien, Ours d'or à Berlin en 2015 pour «Taxi Téhéran», M. Panahi a tourné clandestinement en Iran «Un simple accident», film pour lequel il a reçu la Palme d'or à Cannes.

AFP