Deux réunions internationales pour résoudre le conflit en Ukraine seront organisées dans les prochaines semaines, alors que les combats se poursuivent. La première est organisée mercredi à Bruxelles, où elle réunira des négociateurs européens, américains et ukrainiens, mais sans la présence de la Russie.
«Des représentants de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la Banque mondiale et de l'Otan figurent également parmi les participants», a indiqué mardi la porte-parole de l'exécutif européen, Paula Pinho.
Cette réunion, organisée à la Commission européenne, «sera consacrée à la reconstruction de l'Ukraine après la guerre et à sa prospérité», a-t-elle précisé.
La liste exacte des participants n'a pas encore été communiquée par Bruxelles.
«Négociations de travail» à Abou Dhabi
Une deuxième réunion a été annoncée lundi par l’émissaire américain Steve Witkoff. Il s’agit cette fois de «négociation de travail» entre la Russie et l’Ukraine sous médiation américaine. Ces négociations se dérouleront les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi.
Le Kremlin a confirmé mardi qu'une délégation russe participera à cette réunion pour tenter de trouver une issue diplomatique au conflit en Ukraine.
«Oui, je peux confirmer cette date. Une délégation russe se rendra effectivement à Abou Dhabi, les 10 et 11 novembre, et participera aux négociations trilatérales», a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
Dmitri Peskov a précisé que le négociateur Vladimir Medinski dirigera à nouveau la délégation russe, comme lors du précédent cycle de négociations mené en début d'année et suspendu après la guerre contre l'Iran lancée par Washington et Israël.
La guerre en Iran a éclipsé pendant plusieurs mois le dossier ukrainien dans les priorités de l'administration américaine.
La dernière rencontre trilatérale entre les délégations russe, ukrainienne et américaine a eu lieu mi-février à Genève, sans aboutir à un règlement du conflit déclenché par l'offensive russe à grande échelle en février 2022.
La résolution diplomatique de cette guerre, la plus meurtrière en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, reste au point mort.
Moscou exige en particulier que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk, ce que Kiev refuse, estimant notamment que cela rendrait le pays vulnérable à de nouvelles attaques russes.
«Les discussions porteront sur les dispositions de sécurité d'après-guerre, la désescalade, les efforts humanitaires et les prochaines étapes vers la paix», a détaillé lundi Steve Witkoff sur le réseau social X.
Rare trêve
Un rare cessez-le-feu local de cinq jours, entré en vigueur le 27 octobre dans la ville d'Olechky (région de Kherson), s’est achevé vendredi. L’objectif était de permettre l'évacuation de civils et l'acheminement d'aide humanitaire.
Deux responsables: la médiatrice russe pour les droits humains, Iana Lantratova, et son homologue ukrainien, Dmytro Loubinets, sont apparus pour l’occasion côte à côte, échangeant quelques mots et acquiesçant aux propos de l'autre.
Les deux représentants se sont remerciés à l'issue de cette rencontre, «avec beaucoup de bienveillance» a déclaré Mme Lantratova à l'AFP, disant avoir «établi des relations très constructives et tout simplement bonnes».
De retour à Kiev lundi, M. Loubinets a lui-même expliqué communiquer «au quotidien» avec son homologue russe. «J’ai déjà échangé avec elle plusieurs fois aujourd'hui», a-t-il répondu à une question de l'AFP.
«Quand vous êtes dans le même bus pendant 12 heures, vous finissez par aborder beaucoup de sujets. J'ai profité de cette occasion pour soulever la question du retour des prisonniers de guerre et des civils ukrainiens», a‑t‑il expliqué aux journalistes.
Sur les réseaux sociaux ukrainiens, certains y voient le signe d'un possible dégel, en vue des prochaines discussions à Abou Dhabi.
Cette opération constitue l'un des très rares exemples de coopération entre Moscou et Kiev depuis la guerre lancée par la Russie en 2022 et la rupture des relations bilatérales.