Plusieurs ONG de défense des droits humains ont appelé mardi les grandes puissances à empêcher la candidate émiratie Lana Nusseibeh d'accéder au poste de secrétaire générale de l'ONU, accusant son pays de financer les paramilitaires au Soudan.

La diplomate de 48 ans est entrée dans la compétition la semaine dernière, alors que jusqu'à présent aucun des candidats n'est parvenu à faire consensus pour succéder au Portugais Antonio Guterres, qui arrive au terme de son deuxième mandat en fin d'année.

Au Soudan, ravagé par une guerre qui a fait plus de 200.000 morts et provoqué l'une des plus graves crises humanitaires au monde, Abou Dhabi est accusé par l'armée soudanaise et les observateurs internationaux d'équiper les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Les Émirats arabes unis ont toujours nié avec véhémence toute ingérence dans le conflit, malgré les preuves alignées par de nombreux rapports.

«Imputer la responsabilité» de la persistance de ce conflit «aux Émirats arabes unis est une erreur», estimait récemment Mme Nusseibeh, secrétaire d'Etat au sein du ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis et envoyée spéciale auprès de l'ONU et de l'UE, dans un entretien au journal allemand Welt.

«Je pense que (s)a candidature (...) est totalement inappropriée car elle nie (la) réalité», a indiqué Ken Roth, de l'organisation Human Rights Watch (HRW), , lors d'une conférence de presse en ligne avec trois autres associations.

«Je ne vois pas de preuves suffisantes permettant d'affirmer que cette candidate est indépendante de l'État dont elle est originaire», a estimé Kate Ferguson, codirectrice de l'ONG britannique Protection Approaches. «Il ne faut pas se montrer naïf (...) : il pourrait s'agir d'une tentative délibérée de captation de l'ONU par des régimes autocratiques, avec l'appui des États-Unis, afin de prendre le contrôle de l'organisation».

Pour remporter la compétition, un candidat doit obtenir neuf voix sur quinze au Conseil de sécurité, en évitant un veto des cinq membres permanents (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Russie).

Lorsqu'un consensus se dégagera au Conseil de sécurité, le nom sera soumis à l'Assemblée générale, qui en pratique suit la recommandation.

Lana Nusseibeh participe mardi à l'ONU à une audition publique pour défendre sa candidature.

AFP