L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a appelé samedi les ressortissants américains présents dans plusieurs zones du Liban, notamment le Liban-Sud et la banlieue sud de Beyrouth, à les quitter immédiatement en raison des risques sécuritaires, tout en maintenant sa recommandation de ne pas se rendre au Liban.
Dans une mise à jour de son avertissement aux voyageurs, l’ambassade a précisé que le niveau général d’alerte et les indicateurs de risque n’avaient pas changé. Elle a toutefois réitéré ses mises en garde contre les risques de criminalité, de terrorisme, de troubles, d’enlèvement, de mines et de conflit armé.
Les zones considérées comme particulièrement dangereuses comprennent le Liban-Sud, les régions frontalières avec la Syrie, la banlieue sud de Beyrouth et les camps de réfugiés. L’ambassade a exhorté les ressortissants américains qui s’y trouvent à partir immédiatement.
Réduction des effectifs diplomatiques américains
Cet avertissement intervient alors que Washington réduit la présence de son personnel diplomatique et gouvernemental dans plusieurs pays du Moyen-Orient, sur fond de craintes d’une extension du conflit régional.
Selon un responsable américain cité vendredi par le média américain Axios, le département d’État a ordonné une réduction des effectifs diplomatiques et gouvernementaux dans les ambassades américaines aux Émirats arabes unis, au Liban, au Qatar et en Jordanie. Plus tôt dans la semaine, il avait demandé aux familles des diplomates et au personnel non essentiel de quitter l’ambassade américaine à Riyad et les consulats de Djeddah et de Dhahran, en Arabie saoudite.
D’après une note du directeur du renseignement national américain, Jay Clayton, adressée le 23 octobre au secrétaire d’État Marco Rubio et consultée par Axios, l’Iran a «considérablement accru» ses efforts pour cibler des diplomates et responsables américains au Moyen-Orient et au-delà. Les renseignements évoqueraient des projets d’assassinat ayant atteint un stade avancé, sans préciser les cibles ni les pays concernés.
Les responsables américains craignent également que les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, étendent leurs attaques au-delà de l’Arabie saoudite à d’autres pays de la région. La perspective de nouvelles opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran contribue également aux inquiétudes de Washington, selon Axios.
Risques sécuritaires et restrictions de déplacement
Dans son avertissement, l’ambassade américaine à Beyrouth prévient que des frappes de drones et de missiles pourraient toucher différentes régions du Liban, y compris Beyrouth. Elle souligne également que les hostilités pourraient perturber les vols commerciaux et l’accès à l’aéroport international de Beyrouth.
La capacité du gouvernement américain à fournir une assistance d’urgence à ses ressortissants au Liban reste limitée par les risques sécuritaires, précise le communiqué. Le personnel de l’ambassade doit par ailleurs obtenir une autorisation préalable pour tout déplacement personnel à travers le pays, d’autres ajustements pouvant être décidés selon l’évolution de la situation.
L’avertissement mentionne également les risques d’enlèvement, susceptibles de viser notamment des journalistes, des travailleurs humanitaires, des touristes et des hommes d’affaires étrangers. Il met en garde contre d’éventuelles attaques terroristes pouvant survenir sans préavis et contre la présence de mines et de munitions non explosées, notamment près de la frontière syrienne, au sud du Litani et dans les camps de réfugiés.
Alerte aérienne et recommandations
L’ambassade a également relayé une mise en garde de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA), qui recommande la prudence pour les vols dans l’espace aérien situé à moins de 200 milles nautiques de la région d’information de vol de Damas, en raison de l’intensification de l’activité militaire en Syrie et dans ses environs.
Les autorités américaines recommandent à leurs ressortissants de s’inscrire au programme d’enregistrement des voyageurs STEP afin de recevoir les alertes de sécurité, d’éviter les manifestations et les rassemblements, de suivre les informations locales et de préparer un plan de départ d’urgence ne dépendant pas de l’aide du gouvernement américain.
Elles conseillent également de souscrire une assurance voyage couvrant notamment les soins médicaux, l’évacuation et l’annulation du voyage.