L’aéroport international de Beyrouth ne dispose pas d’une certification valide et présente plusieurs lacunes en matière de sécurité aérienne, selon un rapport de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) consulté par l’agence britannique Reuters. Ces conclusions pourraient retarder le rétablissement des vols directs entre le Liban et les États-Unis voulu par le président Donald Trump.
Le président américain avait annoncé cette initiative en juillet, avant de signer en septembre un décret demandant à son administration d’autoriser les compagnies américaines à desservir directement le Liban. Les liaisons sont suspendues depuis plus de quarante ans, après le détournement du vol TWA 847 en 1985 et son atterrissage forcé à Beyrouth.
L’ambassade du Liban à Washington avait alors qualifié la décision de «première étape importante» vers le rétablissement des vols directs. La reprise du trafic reste toutefois soumise aux évaluations de sécurité de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) et de l’Administration de la sécurité des transports (TSA).
Certification expirée et plan d’urgence inexistant
Une mission d’assistance technique de l’OACI, menée au Liban en juillet à la demande de l’Autorité libanaise de l’aviation civile, a relevé plusieurs défaillances à l’aéroport Rafic Hariri et dans le système aéronautique libanais. Son rapport interne a été transmis aux autorités en septembre.
Selon le résumé consulté par Reuters, les moyens de lutte contre les incendies de l’aéroport sont adaptés aux avions monocouloirs, mais pas aux gros-porteurs utilisés pour les vols long-courriers.
L’aéroport ne disposerait pas non plus d’un plan d’urgence, tandis que sa certification conditionnelle a expiré. Le rapport estime que ce dossier doit être traité immédiatement afin de préserver le statut opérationnel de l’aéroport.
L’OACI relève également un manque d’inspecteurs qualifiés au sein de l’autorité de régulation libanaise pour superviser les licences des contrôleurs aériens. Le Liban ne disposerait pas davantage d’un organisme d’enquête sur les accidents aériens pleinement opérationnel et indépendant, doté de responsabilités clairement définies.
Ces préoccupations ont été examinées lors d’un atelier organisé en septembre, auquel ont participé des représentants de l’OACI, du gouvernement libanais et de la FAA.
Le Liban annonce des mesures correctives
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a affirmé que les autorités prenaient les mesures nécessaires pour corriger les lacunes recensées.
Le processus de certification de l’aéroport doit commencer samedi, tandis que l’Autorité libanaise de l’aviation civile prévoit de délivrer une certification conditionnelle dans les prochains jours.
Selon le ministre, la plupart des problèmes mentionnés par l’OACI avaient déjà été identifiés et des mesures correctives, engagées. Il a toutefois indiqué que les progrès avaient été retardés par la guerre et les attaques israéliennes.
Ni l’OACI ni la FAA n’ont commenté les conclusions du rapport auprès de Reuters.
Les compagnies américaines restent prudentes
Trois responsables de compagnies aériennes américaines interrogés anonymement par Reuters estiment qu’aucun transporteur des États-Unis ne devrait reprendre ses vols vers le Liban à court terme, en raison des risques sécuritaires persistants.
Le département d’État américain déconseille toujours à ses ressortissants de se rendre au Liban. La FAA appelle, de son côté, les compagnies à la prudence dans l’espace aérien libanais en raison de l’activité militaire régionale et des risques liés notamment aux missiles sol-air à longue portée provenant du territoire syrien.
La reprise éventuelle des liaisons intervient également dans un contexte de fortes perturbations du trafic aérien au Moyen-Orient, où plusieurs compagnies étrangères évitent certaines zones en raison des menaces de missiles et de drones.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne a indiqué avoir connaissance du rapport de l’OACI. Elle a rappelé que les compagnies européennes devaient procéder à leur propre évaluation de la sécurité et de l’état opérationnel d’un aéroport avant d’y ouvrir une liaison.