Au moins dix navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz ou à proximité depuis dimanche, des chiffres en forte augmentation depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, selon les données de sécurité publiées mercredi.
Quatre navires ont été frappés mardi et six dimanche, un nombre jamais atteint en une seule journée depuis le début du conflit fin février, d'après des données de la société de sécurité Vanguard, de l'Organisation maritime internationale (OMI) et de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Deux marins sont signalés disparus et un porte-conteneurs a coulé après ces récentes attaques, selon les sources maritimes.
Les navires marchands transitant par ce passage ont été pris pour cibles par l'Iran pour la première fois en mars, en représailles aux frappes américano-israéliennes sur son territoire.
L'Iran revendique le contrôle du détroit d'Ormuz, où transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, et prend régulièrement pour cible des navires qui s'y aventurent sans son autorisation.
Depuis le début du mois d'octobre, 23 attaques ont été recensées, soit presque le double du nombre moyen d'incidents mensuels enregistrés depuis le début de la guerre.
Le trafic à travers Ormuz est «récemment revenu à environ 80% des niveaux d'avant-guerre, malgré le conflit», souligne auprès de l'AFP l'analyste de la société de sécurité britannique Vanguard, Barun Gupta.
«Augmenter le tempo des attaques donne donc à Téhéran un moyen de démontrer qu'il peut toujours perturber cette reprise et imposer des coûts à la navigation commerciale et aux marchés énergétiques mondiaux», ajoute-t-il.
Pour Barun Gupta, la promesse faite par Trump la semaine dernière de ne pas lancer de nouvelles attaques contre l'Iran avant les élections de mi-mandat aux États-Unis pourrait également expliquer la recrudescence des attaques, offrant à Téhéran l'opportunité d'«accroître la pression avec un risque immédiat moindre d'escalade militaire américaine».
Vingt-quatre marins sont morts après des frappes dans la zone proche du détroit d'Ormuz depuis le début du conflit, selon l'OMI.
AFP