Riyadi ne lâche plus la WASL. Dimanche soir, au complexe sportif Nouhad Nawfal de Zouk Mikael, les hommes d’Ahmad Farran ont dominé La Sagesse 75-67 en finale du Final 8 2026 pour décrocher un troisième titre consécutif dans la compétition. Porté par Zach Lofton, impérial avec 25 points et 10 rebonds, mais aussi par un noyau libanais décisif dans le money-time, le «Château jaune» a bouclé le tournoi sur cinq victoires en cinq matches. Privée de Youssef Khayat, La Sagesse doit une nouvelle fois se contenter de la deuxième marche.
Riyadi connaissait la route. Et lorsque la finale a commencé à se tendre, il a simplement repris ses vieilles habitudes de champion.
Pendant une bonne partie de la soirée, La Sagesse est restée dans les rétroviseurs de son grand rival. Mais dans les cinq dernières minutes, lorsque chaque possession pesait plus lourd, les Jaunes ont sorti les tirs qui font basculer les finales.
Hayk Gyokchyan d’abord. Karim Zeinoun ensuite.
Deux tirs primés consécutifs pour repousser La Sagesse à dix longueurs, 67-57, à 4 min 58 du buzzer. Deux coups de massue qui ont cassé l’élan vert au moment où la finale pouvait encore changer de camp.
Riyadi n’avait plus qu’à fermer la porte.
Lofton donne le ton
La finale avait pourtant commencé bien avant ce money-time.
Dès le premier quart-temps, Riyadi a imposé son tempo, son agressivité et sa densité physique. Zach Lofton, déjà auteur de neuf points dans la période initiale, a donné l’impulsion d’un 26-14 qui plaçait immédiatement La Sagesse sous pression.
Les hommes de Joe Ghattas ont eu le mérite de ne pas décrocher.
Plus agressive défensivement et plus juste dans ses lectures, La Sagesse a grignoté son retard dans le deuxième quart-temps pour rentrer aux vestiaires à 40-34. Le match était relancé et le complexe Nouhad Nawfal chauffé à blanc.
Au retour de la pause, Riyadi a pourtant remis un coup d’accélérateur. Lofton, encore lui, a inscrit 11 points dans le troisième quart pour redonner de l’air aux siens.
La Sagesse s’est accrochée, sans jamais réussir à faire complètement sauter le verrou.
Quand les locaux prennent le relais
La différence s’est finalement faite là où Riyadi excelle depuis plusieurs saisons: dans sa capacité à multiplier les solutions lorsque le ballon commence à brûler.
Gyokchyan et Zeinoun ont frappé derrière l’arc. Donovan Williams et Lofton ont ajouté leurs paniers importants. Puis Zeinoun a porté le dernier coup avec un tir à mi-distance pour faire passer le score à 75-64 à 1 min 02 du terme.
Rideau.
Lofton termine avec 25 points, 10 rebonds et 4 passes décisives. Gyokchyan ajoute un double-double à 13 points et 10 rebonds, tandis que Nick West compile 13 points et 12 prises. Donovan Williams apporte 11 points et 7 rebonds.
Au-delà des statistiques, c’est la variété des armes qui résume ce Riyadi-là. Un soir, l’un de ses étrangers prend feu. Le suivant, un joueur local plante le tir qui tue. Et lorsque le banc entre en scène, le niveau baisse rarement.
Gyokchyan l’a résumé après le sacre: «On se bat pour ce maillot. C’est pour cela qu’on continue de gagner.»
Williams MVP, Khayat cruellement absent
Donovan Williams repart, lui, avec le trophée de MVP du Final 8.
L’Américain a été l’un des joueurs les plus réguliers du tournoi, avec 27,4 points, 8,6 rebonds et une interception de moyenne. Il devient le troisième joueur du Riyadi à décrocher cette récompense après Thon Maker en 2024 et Wael Arakji la saison dernière.
Du côté de La Sagesse, Karim Ezzedine a tenu la baraque avec 17 points et 7 rebonds. Gerard Hadidian a ajouté 13 points et 5 rebonds, tandis que Deshawndre Washington a compilé 9 points, 11 rebonds et 5 passes.
Jamal Jones s’est arrêté à 9 points et AJ English à 7.
Mais l’absence la plus lourde portait le nom de Youssef Khayat. Touché à la cheville lors de la demi-finale remportée 87-74 face à Kuwait Club, le joueur de 23 ans a dû regarder la finale depuis le bord du parquet.
Son absence a privé La Sagesse d’une menace offensive supplémentaire et d’un joueur capable de créer du déséquilibre lorsque le jeu se fige.
Trois finales, trois couronnes
Pour le Riyadi, l’histoire prend désormais une autre dimension.
Troisième Final 8 consécutif, troisième titre. Et cette édition 2026 s’achève sur un sans-faute: cinq matches, cinq victoires.
Trois finales, trois couronnes: le Riyadi a transformé la WASL en territoire jaune.
Ahmad Farran n’a d’ailleurs pas voulu s’attarder sur la tactique après la sirène. Le coach a préféré savourer: «Nous sommes simplement heureux et fiers. Après trois titres consécutifs, la WASL est devenue le tournoi préféré du Riyadi.»
La boutade résume assez bien la situation.
La Sagesse a résisté, s’est rapprochée et a menacé. Mais lorsqu’il a fallu gagner les possessions qui comptaient, le Riyadi a encore eu le dernier mot.
La WASL peut changer de décor, d’adversaires et de scénario. Depuis trois ans, son champion, lui, ne change pas.