Randa Choucair a remporté la médaille de bronze du kumite juniors –59 kg aux Championnats d’Asie de karaté, organisés à Amman. Battue de deux points en demi-finale par la future championne continentale, la Libanaise a parfaitement rebondi en dominant l’Indienne Jiya Sunaria sur le score sans appel de 10-1. Une performance qui confirme sa progression et offre au karaté libanais un nouveau podium de référence.

Il fallait digérer la déception, retrouver immédiatement sa concentration et remonter sur le tatami avec la même intensité. Randa Choucair l’a fait avec autorité.

Écartée de la finale après un combat serré, la jeune karatéka libanaise n’a laissé aucune place au doute lors du duel pour la troisième place. Face à l’Indienne Jiya Sunaria, elle a pris le contrôle des échanges pour s’imposer 10-1 et arracher une médaille de bronze pleinement méritée.

Une demi-finale jouée sur des détails

Engagée dans le tableau du kumite juniors féminin des moins de 59 kg, qui réunissait huit concurrentes, Choucair s’est hissée dans le dernier carré de la compétition continentale.

En demi-finale, la Libanaise a croisé la route de la Jordanienne Hala Ghannam. Dans un combat accroché, où chaque prise d’initiative pouvait faire basculer le rapport de force, elle s’est inclinée 5-3.

Un revers frustrant, mais loin d’être rédhibitoire. Ghannam allait ensuite confirmer son statut en remportant le titre asiatique face à l’Iranienne Roza Rezaei. La courte marge séparant Choucair de la future championne donne ainsi davantage de relief au parcours de la Libanaise.

Une réaction pleine de maîtrise

Le combat pour le bronze exige une mécanique mentale particulière. Après avoir vu la finale lui échapper, l’athlète doit effacer la déception, relancer son moteur et retrouver instantanément son projet tactique.

Choucair a répondu par les actes.

Face à Sunaria, elle a imposé son rythme, construit rapidement son avance et maintenu la pression jusqu’à porter le score à 10-1. L’écart traduit autant sa supériorité que sa capacité à rester mobilisée après la demi-finale.

Dans une discipline où la gestion de la distance, le timing et la lecture de l’adversaire comptent autant que la vitesse d’exécution, la Libanaise a su convertir ses opportunités et verrouiller sa place sur le podium.

Randa Choucair a décroché le bronze et replacé le karaté libanais sur le podium asiatique.

D’Amman à Amman, un nouveau palier

Cette médaille s’inscrit dans une progression déjà visible sur la scène régionale. En 2025, Randa Choucair avait remporté l’argent aux Championnats arabes de karaté, également organisés à Amman. Elle avait aussi obtenu une médaille d’argent aux Championnats d’Asie de l’Ouest.

Le bronze continental de 2026 marque toutefois un nouveau palier. Les Championnats d’Asie élargissent considérablement le niveau d’opposition et rassemblent plusieurs des nations les plus performantes du karaté mondial.

Sous la direction de Rami Choucair, directeur technique de l’équipe nationale, la jeune Libanaise transforme progressivement son potentiel en résultats. Sa capacité à atteindre les demi-finales, à rivaliser avec la future championne puis à dominer largement le combat décisif témoigne d’une maturité compétitive grandissante.

Un accueil fédéral à Beyrouth

À son retour à Beyrouth, la délégation libanaise a été accueillie à l’aéroport international Rafic Hariri par le secrétaire général de la Fédération libanaise de karaté, George Melkon. Celui-ci a félicité Randa Choucair au nom du président de la Fédération, Moussa Fattouche, et du comité directeur.

La sélection était conduite par Elie Aoun, chef de délégation et arbitre asiatique. L’encadrement était complété par Yara Kaaïn, entraîneuse de kata. Outre Choucair, le Liban était représenté par Mohammad Jaafar, Khaled Habbal, Youssef Tabbara, Rital Derzi et Lynn Kaaïn.

Un signal pour le karaté libanais

Au-delà de la récompense individuelle, ce podium offre une nouvelle référence au karaté libanais. La présence d’une athlète nationale parmi les meilleures juniors du continent constitue un indicateur encourageant pour la discipline.

Cette médaille n’est pas un aboutissement, mais un point de passage. À Amman, Randa Choucair a remporté le bronze. Elle a surtout gagné une place plus visible sur la carte du karaté asiatique.