Football: le Liban retrouve l’Asie après dix-neuf ans
La joie des jeunes Libanais après une qualification historique pour la Coupe d’Asie U20 2027, dix-neuf ans après la dernière participation du Liban à la compétition continentale. ©Lebanese Football Federation

À la faveur du nul entre la Corée du Sud et le Kirghizstan, le Liban a décroché son billet pour la Coupe d’Asie U20 2027 en Chine. Une qualification attendue depuis 2008, construite sur deux rencontres spectaculaires: une défaite 3-2 contre les Sud-Coréens, puis une victoire 3-2 arrachée dans les dernières secondes face au pays hôte. Au-delà du résultat, cette campagne révèle une génération capable de jouer, de souffrir et surtout de réagir.

Le Liban retrouvera donc la phase finale de la Coupe d’Asie U20.

Le 0-0 entre la Corée du Sud et le Kirghizstan a figé le classement du groupe A: quatre points pour les Coréens, trois pour le Liban et un pour les Kirghiz. Deuxièmes, les Libanais ont intégré le groupe des meilleurs dauphins qualifiés pour la Chine.

Ce sera seulement la troisième participation du Liban à la compétition continentale, après 1973 et 2008.

«C’est un grand jour pour le football libanais, et pour le Liban tout court. Ces jeunes ont prouvé que, grâce à leur talent et à leur sérieux, ils incarnent un avenir prometteur pour notre football. Je suis très fière d’eux», a confié à Ici Beyrouth Faten Abi Faraj, directrice des médias et de la communication de la Fédération libanaise de football.

Dix-neuf ans après la dernière apparition libanaise à ce niveau, la qualification prend ainsi une dimension particulière. Elle récompense surtout une équipe qui, malgré son jeune âge, n’a jamais choisi de subir.

Une défaite qui avait donné le ton

Le premier match contre la Corée du Sud s’était soldé par une défaite 3-2.

Face à l’un des poids lourds du football asiatique de jeunes, le Liban avait pourtant réussi à prendre l’avantage et à rester dans la rencontre jusqu’au bout. Le résultat avait laissé des regrets, mais également une impression encourageante: cette équipe était capable de rivaliser offensivement.

Dans un groupe réduit après le retrait des Philippines, la marge d’erreur était cependant presque inexistante. Pour conserver ses chances de qualification, il fallait battre le Kirghizstan, chez lui.

Mission accomplie, au terme d’un scénario difficile à imaginer.

Le match qui résume cette équipe

Face au Kirghizstan, Marc Nicolas a ouvert le score avant que Mohammad Jawad Fahes ne double la mise d’une talonnade sur un centre de Karl Zaylaa.

À 2-0, le Liban semblait avoir pris le contrôle. Le gardien Adam Ourfali a même repoussé un penalty kirghiz, son deuxième arrêté en deux rencontres.

Mais les locaux ont réduit l’écart avant la pause et continué à pousser en seconde période.

Dans le temps additionnel, le Kirghizstan a finalement égalisé à 2-2. Le Liban voyait alors s’éloigner une victoire qu’il croyait tenir.

Un coup qui aurait pu faire s’écrouler une équipe de jeunes.

Quelques instants plus tard, Joao Gabriel Maklouf obtenait pourtant un penalty. Gabriel Bassil ne tremblait pas et inscrivait le but du 3-2.

En quelques secondes, le Liban venait de reprendre ce qu’il croyait avoir perdu.

C’est probablement l’image la plus forte de cette campagne: une équipe qui encaisse, mais ne renonce pas.

Cinq buts marqués, cinq encaissés

Le bilan des deux rencontres est spectaculaire: cinq buts inscrits, cinq encaissés.

Il résume à la fois les qualités du groupe et ses limites.

Le Liban a marqué deux fois contre la Corée du Sud et trois fois face au Kirghizstan. Il a montré de la vitesse, de la personnalité et une réelle volonté de jouer vers l’avant.

Mais il a également perdu un avantage contre les Coréens et laissé revenir les Kirghiz dans les dernières secondes.

À l’échelle d’une phase finale asiatique, ces fragilités devront être corrigées. Face aux meilleures sélections du continent, une perte de concentration ou quelques minutes mal négociées peuvent suffire à faire basculer un match.

La Chine 2027 devra donc permettre au Liban de conserver son ambition offensive tout en gagnant en maîtrise.

Une génération à suivre

Plusieurs joueurs se sont déjà distingués.

Adam Ourfali s’est illustré dans le but avec deux penalties arrêtés en deux matches. Marc Nicolas, Mohammad Jawad Fahes et Gabriel Bassil ont trouvé le chemin des filets, tandis que Karl Zaylaa s’est montré actif dans l’animation offensive.

Cette exposition internationale est précisément ce dont le football libanais a besoin.

La dernière génération à avoir représenté le Liban dans cette compétition, en 2008, comptait notamment Rabih Ataya, Mohamad Haidar et Nour Mansour, devenus par la suite des cadres de la sélection A.

La comparaison ne constitue évidemment aucune garantie. Elle montre toutefois ce que peut représenter une Coupe d’Asie U20 dans la formation d’une génération.

Ne pas se contenter de la qualification

Le billet pour la Chine est une réussite. Il ne doit pas devenir une fin en soi.

La Fédération dispose maintenant de plusieurs mois pour multiplier les rencontres internationales, renforcer le travail physique et tactique et préparer cette génération aux exigences d’une phase finale continentale.

Car l’intérêt d’une Coupe d’Asie U20 dépasse le simple résultat. Elle offre aux jeunes joueurs la possibilité de se confronter aux références asiatiques, d’être observés et surtout de mesurer le chemin qui les sépare encore du très haut niveau.

Après dix-neuf ans d’absence, le Liban a retrouvé sa place sur la scène asiatique U20.

Le prochain défi sera de prouver qu’il n’y revient pas simplement pour participer.

 

Commentaires
  • Aucun commentaire