Premier match, première victoire et déjà quelques repères intéressants. Le Liban a parfaitement lancé sa campagne à la William Jones Cup en dominant Taiwan White (74-57), mercredi à New Taipei. Portées par les 26 points de Morgan Jones et les 15 unités de la capitaine Rebecca Akl, les Libanaises ont pris le match par le bon bout avant de résister au réveil adverse. Plus qu’un simple tournoi amical, cette escale taïwanaise constitue la première pierre d’un chantier qui mène à la Coupe d’Asie 2027.
Le Liban n’a pas traversé l’Asie pour faire du tourisme.
Dès son entrée en lice à la Jones Cup, la sélection féminine a imposé son gabarit, son agressivité et surtout son tempo pour mettre Taiwan White (équipe B) sous pression. Après quelques minutes à sens unique, les Libanaises avaient déjà pris le contrôle du parquet et rejoint les vestiaires avec seize longueurs d’avance (38-22).
La formation taïwanaise, essentiellement composée de jeunes joueuses, a tenté de remettre du rythme au retour des vestiaires. Quelques tirs primés ont ramené l’écart sous la barre des dix points, mais le Liban n’a pas paniqué.
Dans le dernier acte, les joueuses d’Eleni Kapogianni ont resserré les boulons, retrouvé de l’efficacité et remis suffisamment de distance pour couper court à toute velléité de remontée.
Score final: 74-57.
Jones apporte du poids dans la raquette
Pour sa première sortie, Morgan Jones a immédiatement pris ses marques.
L’Américaine de 1,88 m, intégrée au groupe libanais pour cette Jones Cup et passée par Florida State puis Louisville aux États-Unis, a planté 26 points et constitué un véritable casse-tête pour une équipe taïwanaise en déficit de taille.
Ce rapport de forces a d’ailleurs été reconnu par le banc adverse. Taiwan White, privé de plusieurs joueuses intérieures et contraint d’étirer le jeu, a énormément arrosé derrière l’arc: 42 tentatives à trois points pour seulement sept réussites.
Avec 25,4% de réussite globale, les Taïwanaises ont fini par payer leur maladresse.
À côté de Jones, Rebecca Akl a joué son rôle de patronne. La capitaine libanaise termine avec 15 points et continue d’incarner le métronome d’une équipe en phase de reconstruction.
Akl, toujours au rendez-vous
Son rendement n’a plus vraiment de quoi surprendre.
Lors de la Coupe d’Asie 2025 en Chine, Rebecca Akl avait terminé meilleure marqueuse de toute la Division A avec 16,5 points de moyenne, devant plusieurs stars des grandes puissances asiatiques.
Le Liban avait alors vécu un tournoi contrasté. Battu par le Japon (72-68), lourdement dominé par l’Australie (113-34) puis défait de justesse par les Philippines (73-70), il avait sauvé l’essentiel en battant l’Indonésie (67-57) lors du match pour la septième place.
Cette victoire lui avait permis de conserver sa place parmi l’élite asiatique.
C’est précisément cette place qu’il faudra défendre en 2027.
Le Japon, déjà un avant-goût de Cebu
Et le calendrier réserve un joli clin d’œil.
Jeudi à midi, heure de Beyrouth, le Liban affrontera le Japon pour son deuxième match de la Jones Cup.
Or les deux formations se retrouveront à nouveau dans moins d’un an à Cebu, lors de la Coupe d’Asie 2027. Le tirage officiel a placé le Liban dans le groupe B avec le Japon, la Chine et les Philippines.
Autant dire que le rendez-vous de jeudi dépasse légèrement le cadre d’un simple match de préparation.
Le souvenir de 2025 reste d’ailleurs frais. À Shenzhen, les Libanaises avaient mené le Japon 26-16 après le premier quart-temps avant de céder 72-68. Rebecca Akl avait alors sorti une énorme copie: 27 points et huit passes décisives.
Face à un Japon vice-champion d’Asie en titre, le test sera d’un tout autre calibre que celui proposé par Taiwan White.
C’est exactement ce que recherche le staff.
Kapogianni veut tester son groupe
Arrivée à la tête de la sélection, la Grecque Eleni Kapogianni possède un CV conséquent. Ancienne internationale, elle a notamment entraîné Olympiacos et Panathinaikos et connaît déjà parfaitement le basket libanais pour avoir travaillé dans le championnat national.
À Taïwan, son objectif ne se limite pas au classement de la Jones Cup.
La technicienne veut utiliser ces rencontres pour tester les associations, identifier les automatismes et mesurer le comportement de son groupe face à différents styles de jeu.
Elle l’a d’ailleurs expliqué à la presse taïwanaise après la victoire: l’objectif est de voir son équipe «progresser match après match» face à des adversaires de qualité.
Kapogianni a simplement regretté la brièveté du programme féminin. Six formations sont présentes cette année – le Liban, le Japon, la Thaïlande, deux équipes de Taïwan et le club sud-coréen Cheongju KB Stars – mais chaque formation ne disputera que trois rencontres.
Pour un voyage aussi long, la sélectionneuse aurait aimé quelques matchs supplémentaires.
2027 déjà dans toutes les têtes
La véritable ligne d’arrivée se trouve de toute façon beaucoup plus loin.
La Coupe d’Asie 2027 se déroulera à Cebu, aux Philippines, du 10 au 18 juillet. Huit nations composeront la Division A, et le Liban aura immédiatement fort à faire avec la Chine, le Japon et les Philippines dans sa poule.
Le premier de chaque groupe accédera directement aux demi-finales. Les deuxièmes et troisièmes devront passer par un barrage, tandis que les derniers joueront leur survie en Division A.
Dans ce contexte, chaque rassemblement compte.
La victoire contre Taiwan White ne garantit évidemment rien pour 2027. Mais après une année 2025 où le Liban avait souvent rivalisé par séquences sans toujours parvenir à tenir quarante minutes, démarrer cette nouvelle campagne par une prestation maîtrisée constitue un premier signal encourageant.
Mercredi, le Liban a lancé la machine.
Jeudi face au Japon, il saura déjà si elle peut monter d’un cran.




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