À 14 ans, Maria Hachache quitte le circuit libanais pour rejoindre la Barcelona Sports Academy. La championne libanaise s’engage dans un programme initial de deux ans, avec un objectif précis: augmenter son volume d’entraînement, multiplier les tournois européens et préparer son passage progressif vers le circuit international.
La joueuse libanaise a rejoint Barcelone pour suivre un programme associant travail technique, préparation physique et compétition. Interrogée par Ici Beyrouth avant son départ, Maria résume d’abord le cadre de cette nouvelle étape: «Je serai accompagnée à Barcelone par ma maman, Hoda.»
Élève au Collège Notre-Dame de Jamhour, elle poursuivra parallèlement sa scolarité à distance, par visioconférence.
À 14 ans, il ne s’agit pas encore d’un passage chez les professionnelles. L’enjeu est d’abord de bâtir le jeu, le physique et le classement nécessaires pour s’en rapprocher.
Du circuit libanais à l’or arabe
Maria n’arrive pas en Espagne sur la seule foi de son potentiel. Depuis 2024, elle a accumulé les résultats dans les catégories de jeunes.
Championne du Liban U12, elle s’était également imposée dans les tournois du Club de l’Électricité et de l’ATCL. En sélection, elle avait décroché le bronze au Championnat arabe en Tunisie et l’argent par équipes en Asie de l’Ouest.
Son premier gros coup international est intervenu en 2025 à Dubaï. Tête de série numéro 2, la Libanaise avait remporté le tournoi international U14 sans perdre un set. Elle avait notamment sorti la tête de série numéro 1 Isabel James en demi-finale, avant de dominer Wai Chu en finale.
En juillet 2026, Maria a ajouté une médaille d’or par équipes au Championnat arabe U14 en Algérie, avec Mariam Kamareddine et Lama Frangieh, sous la direction de Nahia Abi Khalil.
Les titres locaux ont lancé la trajectoire. Dubaï et l’Algérie ont validé le niveau. Barcelone doit désormais permettre d’enchaîner.
Plus de rythme, plus d’agressivité
Installée à Cornellà de Llobregat, la Barcelona Sports Academy accueille des joueurs engagés sur les circuits internationaux et propose un travail adapté au calendrier de compétition.
Pour Maria, le changement sera d’abord quantitatif: davantage d’heures sur le court, plus de préparation physique et une opposition quotidienne plus dense. Le chantier sera aussi technique et mental.
«Je souhaite améliorer mon agressivité, ma régularité et ma confiance afin d’être plus performante en compétition», explique-t-elle.
Prendre la balle plus tôt, attaquer les deuxièmes services, mieux tenir la diagonale et convertir davantage de balles de break: le passage au niveau européen exigera un tennis plus complet et plus constant.
Plus d’entraînement, plus de matchs, plus d’opposition: Maria Hachache monte d’un étage à Barcelone.
Tennis, physique et cours à distance
Le programme impose une organisation précise entre le court et l’école.
«Ma semaine sera partagée entre les entraînements de tennis, la préparation physique, les tournois et mes cours à distance, avec une bonne organisation», indique Maria.
Ce nouvel emploi du temps réduira les temps morts. Aux séances techniques s’ajouteront le travail athlétique, la récupération, l’analyse des matchs et les déplacements en compétition.
À 14 ans, la priorité reste de progresser sans brûler les étapes tout en maintenant un parcours scolaire régulier.
Le chantier européen
L’Espagne offre surtout un accès direct à un calendrier européen plus fourni.
Maria pourra augmenter son nombre de matchs, affronter régulièrement des joueuses mieux classées et accumuler des repères face à des styles différents. Le premier objectif ne sera pas de courir immédiatement après les points WTA, mais de progresser dans les tableaux juniors, notamment sur les circuits ITF et Tennis Europe.
Maria fixe déjà la suite: progresser au classement ITF, devenir une joueuse plus complète et se préparer progressivement au circuit professionnel.
La progression se mesurera désormais sur une saison entière: ratio victoires-défaites, niveau des adversaires battues, régularité au service et capacité à traverser plusieurs tours.
Une formation déjà structurée au Liban
Avant son départ, Maria avait installé ses bases au Liban. Elle s’entraînait au Holiday Beach Club durant l’été et au Mont La Salle en hiver.
Son travail était suivi par le coach géorgien Giorgi Kherkheladze, avec une préparation physique assurée par Marc Hajj. Cette première structure lui a permis de dominer sa catégorie au Liban et de commencer à exister dans les tableaux régionaux.
Barcelone ne constitue donc pas un nouveau départ, mais un passage à l’étage supérieur. Maria devra absorber une charge plus lourde, corriger ses points faibles et transformer ses qualités en résultats face à une opposition européenne permanente.
À 14 ans, elle n’entre pas encore sur le circuit professionnel. Elle entre dans le tableau qui y mène.
Le Liban lui a appris à gagner. Barcelone doit maintenant lui apprendre à gagner plus haut.




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