Guerre au Moyen-Orient: «inquiétudes» accrues sur l'approvisionnement en pétrole
Des installations de stockage de pétrole sont visibles au centre de stockage et de transport de la Formosa Petrochemical Corporation à Taoyuan, le 25 mars 2026. ©I-HWA CHENG / AFP

La dégradation de la situation autour du détroit d'Ormuz «accentue les inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement» en pétrole et «l'incertitude» sur les perspectives du marché, a averti mardi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, tout en se réjouissant de l'existence de «facteurs d'amortissement».

Parmi ces facteurs figurent les «efforts majeurs de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis» pour acheminer du pétrole par d'autres routes que le détroit d'Ormuz, l'accroissement des exportations d'autres producteurs, «en particulier les États-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan», ou encore les efforts de la Chine pour réduire ses importations, indique l'agence basée à Paris dans un communiqué.

La Chine a en effet «joué un rôle important dans la stabilisation des marchés en réduisant ses importations de pétrole brut de près de 50% par rapport à leur niveau d'avant-guerre», a observé le directeur exécutif de l'organisation créée en 1974 et chargée d'assurer la sécurité énergétique dans le monde.

La trentaine de pays qui en sont membres (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, France, Italie, Japon, Mexique, Turquie, États-Unis...) avaient annoncé en mars la mise sur le marché de 400 millions de barils pour amortir la crise entraînée par la guerre au Moyen-Orient. «Environ 290 millions de barils ont été libérés par les membres de l'AIE, et davantage continuent d'arriver sur le marché», indique l'AIE mardi.

Elle précise que ses membres détiennent toujours des volumes d'urgence «significatifs», comprenant «plus d'un milliard de barils détenus par les États».

Le déblocage de stocks stratégiques de mars a été le sixième, et le plus important, de l'histoire de l'AIE, qui a réaffirmé mardi qu'une réouverture «complète et sans condition» du détroit d'Ormuz serait «essentielle pour éviter une plus grande détérioration de la sécurité énergétique mondiale».

M. Birol relève par ailleurs que le raffinage n'a pas augmenté autant que les livraisons de brut, «ce qui signifie que les marchés des produits raffinés, notamment le diesel et l'essence, sont nettement plus tendus que ceux du brut», une situation qui se répercute sur les prix à la pompe.

Sur les marchés du gaz naturel, les autres producteurs, notamment les États-Unis et le Canada, ont compensé à hauteur d'environ 70% l'offre perdue, «mais davantage de retards dans la reprise des exportations du Golfe risquent de laisser les marchés tendus plus longtemps», avertit-il, soulignant que «tous les importateurs» en ressentiront les effets, «y compris l'Europe».

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire