Netanyahou veut étendre le contrôle israélien à 70% de la bande de Gaza
Des forces israéliennes montent la garde devant la prison militaire d’Ofer, située entre Ramallah et Beitunia en Cisjordanie occupée, le 13 octobre 2025, à la veille de la libération de prisonniers palestiniens en échange d’otages détenus par le Hamas à Gaza depuis les attaques du 7 octobre. ©Zain Jaafar / AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré jeudi avoir ordonné à l’armée de faire fi des termes du cessez-le-feu entré en vigueur en octobre et prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, selon une vidéo diffusée par une télévision israélienne.

«En ce moment, nous tenons le (mouvement islamiste palestinien) Hamas à la gorge. Nous contrôlons maintenant 60% du territoire de la bande» de Gaza, a déclaré M. Netanyahou lors d’une conférence dans une colonie israélienne de Cisjordanie occupée dont la chaîne 12 a diffusé un extrait sur son site.

«Vous savez, enchaîne-t-il, nous étions à 50 (après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu), nous sommes passés à 60, ma directive est de passer à» — «100» clame alors l’assistance.

«Dans l’ordre. D’abord 70. Commençons par ça», reprend M. Netanyahou, «nous les tenons de tous les côtés... Nous nous occuperons du reste» plus tard.

Ces déclarations interviennent alors que Gaza reste le théâtre de violences quotidiennes, les frappes israéliennes s’y poursuivant sans répit alors qu’Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

La trêve est entrée en vigueur sous la pression des Etats-Unis le 10 octobre, deux ans après la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du Hamas sur Israël.

La première phase du cessez-le-feu a vu la libération des derniers otages de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l’armée israélienne, apparaît complètement grippé depuis des semaines.

Aux termes du cessez-le-feu, les forces israéliennes devaient se replier derrière une «ligne jaune», nom donné à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l’armée israélienne qui donnait à cette dernière le contrôle d’un peu plus de 50% du petit territoire.

Mais M. Netanyahou avait annoncé le 15 mai que l’armée avait élargi son emprise sur la bande de Gaza. «Certains nous disaient de partir, nous ne sommes pas partis et aujourd’hui, nous contrôlons 60% du territoire. Demain, nous verrons», avait-il dit.

Plus de deux millions de Palestiniens de Gaza s’entassent désormais dans la zone de Gaza encore sous le contrôle du Hamas, où la situation humanitaire reste «catastrophique» selon le cri d’alarme lancé le 22 mai à l’ONU par trois ONG internationales d’aide de premier plan, accusant Israël de ne pas respecter ses obligations.

AFP

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