Le Liban que nous n’avons jamais défendu…
©Ici Beyrouth

Il est douloureux de constater, à la lumière de l’histoire contemporaine, que le Liban n’a jamais été défendu pour lui-même. Depuis la création de l’État d’Israël, puis les guerres qui ont embrasé la région, le pays du Cèdre n’a cessé de payer le prix des conflits des autres, sans jamais récolter les fruits des causes qu’on lui a imposées.

Entre 1948 et 1967, l’accord d’armistice avait permis de préserver une fragile stabilité. Mais la défaite arabe de 1967 avait bouleversé l’équilibre: le Liban était alors devenu terre de refuge et de confrontation, transformé en base arrière par l’Organisation de libération de la Palestine. L’accord du Caire avait légalisé cette présence armée et ouvert la voie à une guerre civile dont le pays ne s’est jamais relevé. Jérusalem n’avait pas été libérée, mais Beyrouth avait été occupée.

Les Palestiniens, sous l’autorité de Yasser Arafat à l’époque, avaient cru pouvoir faire du Liban une base arrière du conflit, utilisant son territoire au service de la libération de la Palestine, ou du moins d’un retour à la situation antérieure à la défaite et à l’occupation de Jérusalem.

Le Liban en avait payé le prix à travers l’accord du Caire, qui avait encadré la présence armée palestinienne sur son territoire et ouvert la voie à une confrontation ayant progressivement dégénéré en guerre civile.

Aucun centimètre de Jérusalem n’a été pour autant libéré. Bien au contraire, la colonisation s’était intensifiée. La crise s’était alors achevée avec le départ de Yasser Arafat, laissant le Liban enlisé dans une succession de conflits, sur fond d’occupation israélienne ayant atteint Beyrouth.

Avec l’entrée en scène de la République islamique d’Iran au Liban, le pays s’était retrouvé sous l’influence du Hezbollah et de sa présence armée, maintenue après la guerre sous parrainage syrien et sous un couvert libanais pour le moins regrettable. Cette dynamique avait conduit à une succession de confrontations entre 1996 et 2006, puis jusqu’en 2024, sans bénéfice concret pour le Liban, malgré la libération du Sud de l’occupation israélienne en l’an 2000.

Le régime d’Assad, quant à lui, avait maintenu les fermes de Chebaa comme abcès de fixation, en refusant la délimitation des frontières qui aurait permis d’en établir clairement l’appartenance libanaise ou syrienne. Ce flou avait servi à justifier la présence de la «résistance», devenue avec le temps un enjeu interne plus qu’un objectif lié à la libération de territoires dont la libanité elle-même reste incertaine. Quant à Jérusalem, sa libération ne relève en rien de la responsabilité du Liban.

En 2024, au lieu de se tenir à distance du conflit déclenché après le 7 octobre, la position adoptée avait été celle du soutien à Gaza puis à l’Iran.

Des engagements qui ne relèvent pas directement du Liban et dont le pays n’a tiré aucun résultat depuis 1967, ni au niveau de la cause, aussi juste fût-elle, ni en termes d’objectifs, de stabilité, de sécurité ou de paix.

Il s’agit de rompre, une fois pour toutes, ce cycle infernal, et de libérer le Liban, dont la survie tout comme son avenir devraient demeurer au-dessus de toute autre considération.

 

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