L'ONU « travaille » au maintien d'une présence au Liban après le départ de la Finul, sa mission dont le mandat se termine à la fin de l'année, a indiqué jeudi le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix.
Le Conseil de sécurité a demandé « des options pour une éventuelle présence des Nations unies post-Finul », et « nous y travaillons », a déclaré Jean-Pierre Lacroix lors d'une conférence de presse à Genève.
« Nous devons présenter ces recommandations (...) avant le 1er juin de cette année », a-t-il ajouté.
Il n'a pas détaillé les différentes options mais a indiqué qu'il fallait envisager une présence « qui sera probablement plus réduite que celle de la Finul ».
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui a perdu cinq soldats - deux Français et trois Indonésiens - ces derniers jours, sert de force de maintien de la paix entre Israël et le Liban depuis 1978 mais se retrouve sous le feu croisé de l'armée israélienne et du Hezbollah.
Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et la formation pro-iranienne, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars.
Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.
Son mandat, renouvelé chaque année par le Conseil de sécurité de l'ONU, expirera le 31 décembre 2026 : fin août, sous la pression des Etats-Unis et d'Israël, le Conseil de sécurité a décidé de programmer son retrait pour 2027, ce que certains estiment prématuré.
La Finul est principalement chargée d'appuyer le travail humanitaire mais elle peut aussi « décider de toute action nécessaire en matière de déploiement de ses forces, afin d'assurer que sa zone d'opérations ne soit pas utilisée pour des actes hostiles ».
« Soutien aux populations civiles »
Selon M. Lacroix, les autorités libanaises « souhaiteraient garder une présence des Nations unies » mais « pas nécessairement identique à celle de la Finul », avec un maintien « notamment des fonctions dans le domaine de l'observation, du reporting, de la liaison, de la déconfliction » et le déminage.
« Nous avons également consulté, bien entendu, d'autres parties, Israël et d'autres États membres », a-t-il expliqué, indiquant qu'il faut tenir compte « de ce que les partenaires bilatéraux sont prêts à faire en termes de soutien supplémentaire aux forces armées libanaises, à la police, qui a également d'importants besoins en matière de capacités, et aussi, en matière d'aide humanitaire ».
Plus généralement, « une solution durable au problème devra tenir compte des besoins de sécurité du Liban et d'Israël », a-t-il indiqué.
Ses déclarations interviennent alors qu'Israël et le Liban tiennent jeudi à Washington une nouvelle session de pourparlers au niveau des ambassadeurs, sous l'égide des Etats-Unis, durant laquelle Beyrouth veut demander une prolongation d'un mois de la trêve en vigueur depuis le 17 avril.
Sur le terrain, « il y a un cessez-le-feu relatif depuis quelques jours, mais tout de même une accalmie » qui a permis à la Finul d'« intensifier » ses activités dans certains domaines, y compris le soutien aux populations civiles, a indiqué M. Lacroix.
La Finul « est prête à faire davantage pour soutenir l'armée libanaise et le gouvernement libanais dans des actions qui seraient entreprises par eux pour avancer le processus de désarmement des groupes armés », a-t-il avancé, tout en soulignant que « ce sera difficile » en raison des « résistances de la part du Hezbollah » et des « limites capacitaires de l'armée libanaise ».
En octobre un responsable de l'ONU avait indiqué à l'AFP que l'organisation allait réduire dans les prochains mois de 25% le nombre de ses Casques bleus dans le monde, sur fonds de coupes budgétaires américaines.
AFP



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