Environ 30 tonnes d'aide humanitaire ont été livrées mercredi à plusieurs villages à majorité chrétienne dans le sud du Liban, sous le feu des combats entre Israël et l'armée israélienne, lors d'une visite du patriarche maronite, Béchara Raï, selon une journaliste de l'AFP sur place.
À Qlayaa, où les habitants refusent de se soumettre aux appels à évacuer de l'armée israélienne, un camion a livré de la nourriture aux 3.500 habitants, une livraison organisée notamment par l'Œuvre d'Orient.
«Les routes sont dangereuses, et donc les gens sont privés de ressources. Ce sont des villages menacés de disparaître», indique Vincent Gelot, directeur de cette organisation catholique pour le Liban et la Syrie.
«Les habitants nous demandent de la nourriture, du lait pour les enfants, du riz, de la farine, de l'eau», précise-t-il.
Le convoi s'est auparavant arrêté dans les villages de Marjeyoun et de Kawkaba.
Derrière l'église de Qlayaa, des habitants déchargent sacs de riz et de farine, tandis que le patriarche Raï, dont c'est la première visite dans la région depuis le début de la guerre, célèbre une messe dans l'église bondée.
Il y a quelques semaines, Qlayaa avait été endeuillée par la mort de son curé, Pierre Raï, tué par des tirs d'artillerie israéliens.
«Le village se prépare au pire», explique Nancy el-Haj, une habitante de 40 ans, ajoutant que les habitants stockent denrées alimentaires, eau, médicaments et carburant au cas où la localité viendrait à être «déconnectée» du reste du pays.
Pendant la messe, une série de frappes a visé des localités non loin du village, a constaté une journaliste de l'AFP.
«Nous avons peur tous les jours de ce qu'il se passe autour de nous, et dans le pays», confie Jenny Nehmé, 19 ans, «très heureuse» de la visite du patriarche maronite venu «écouter la voix» des habitants, selon elle.
Mardi, un convoi d'aide humanitaire, lui aussi organisé par l'Œuvre d'Orient, n'avait pas pu atteindre la localité de Debl, à cause «des combats qui faisaient rage tout autour», selon Vincent Gelot.
«Il y avait des bombardements de l'aviation israélienne et des échanges de tirs très nourris juste autour» du village, a-t-il détaillé.
Plusieurs villages chrétiens à la frontière sont pris au piège des combats entre Israël et le Hezbollah, comme Ain Ebel, Rmeich, et Debl.
Leurs habitants refusent de se soumettre aux appels à évacuer de l'armée israélienne, qui progresse dans la zone frontalière du sud. Ils assurent que cette guerre n'est pas la leur et se sentent abandonnés après que l'armée s'est retirée de plusieurs points frontaliers depuis le début de la guerre.
AFP



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