Coupe Davis : le Liban stoppé aux portes de l’élite
Le Libanais Benjamin Hassan lors de la confrontation face à Taïwan à Taipei. ©Fédération libanaise de tennis

Le Liban a trébuché sur Taïwan ce week-end dans le cadre de la Coupe Davis, lors d’un barrage décisif disputé à la Taipei Tennis Center Arena, sur dur. Samedi, les Libanais avaient réussi à arracher le nul (1-1) et à maintenir la porte entrouverte. Mais dimanche, Taïwan a accéléré au bon moment, a raflé le double puis le simple décisif, pour s’imposer 3-1 et valider son billet pour le Groupe mondial I.

L’affiche sentait la poudre. D’un côté, Taïwan, mieux installée au classement et portée par sa salle. De l’autre, un Liban qui se voyait déjà à portée d’élite, lui qui a déjà goûté au Groupe mondial I par le passé et qui restait sur une dynamique convaincante, notamment après sa victoire nette contre la Barbade (4-0) en septembre dernier, sur terrain neutre en Égypte. Sauf qu’en Coupe Davis, le décor compte, mais ce sont les points chauds qui tranchent. Et dimanche, Taïwan a été plus clinique.

Samedi : un bras de fer, puis un réveil libanais

La première journée a démarré sur un scénario piégeux pour les visiteurs. Dans le premier simple, le Taïwanais Tung-Lin Wu (362e mondial) a pris le dessus sur Hady Habib (249e) en deux manches (6-3, 6-2), plaçant d’entrée Taïwan devant au score (1-0). Un set et demi de course-poursuite, des jeux lâchés trop vite, et un Liban obligé de courir derrière l’affiche.

Mais Benjamin Hassan (259e) a remis les pendules à l’heure dans la foulée. Face à Tseng Hao Huang (500e), le Libanais a joué juste, serré les boulons dans les moments qui comptent et bouclé l’affaire en deux sets (6-4, 6-4). Un succès qui a fait plus que rééquilibrer la confrontation : il a relancé le suspense et ramené les deux équipes à égalité (1-1) au terme du samedi. À ce moment-là, le Liban avait fait le plus dur : rester vivant.

Dimanche : le double bascule, Taïwan ne tremble pas

Le dimanche, c’est souvent le jour où la Coupe Davis devient une bataille de nerfs. Et le premier tournant est arrivé dès le double. La paire taïwanaise Tseng Hao Huang – Shing Peng Hsieh a dominé le duo libanais Benjamin Hassan – Hassan Ibrahim en deux manches (7-6, 6-3). Un premier set accroché, au cordeau, où chaque point avait des allures de balle de break… avant une bascule au tie-break qui a fait très mal au Liban. Derrière, Taïwan a déroulé plus libérée, et a pris l’avantage dans la confrontation (2-1).

Il restait alors une marge de manœuvre, mais elle s’est réduite très vite. Dans le simple suivant, Tung-Lin Wu a remis ça, cette fois contre Benjamin Hassan, avec une victoire en deux sets (6-3, 6-4) qui a définitivement scellé le sort de la rencontre. Score final : 3-1 pour Taïwan, et une qualification validée pour le Groupe mondial I.

Sur le papier, l’écart existait : Taïwan est classée 28e mondiale (313,75 points), quand le Liban pointe au 51e rang (262,25 points). Mais ce week-end a surtout rappelé une loi non écrite : quand le duel se joue sur dur, à l’extérieur, la moindre hésitation se paie cash. Un tie-break perdu, un jeu de service concédé au mauvais moment, et tout bascule.

Pour le Liban, l’amertume est réelle parce que le scénario avait laissé espérer mieux après le réveil de samedi. Pour Taïwan, cette victoire a la saveur d’une montée méritée : deux succès le dimanche, au moment où la pression écrase les bras.

Le tennis libanais n’a pas à rougir : son histoire en Coupe Davis reste solide, avec un parcours entamé en 1957 (115 rencontres, 63 victoires, 52 défaites). Mais ce revers-là, dans un match “verrou” pour l’élite, laissera forcément une trace. Reste désormais à transformer la déception en carburant, et à revenir sur la prochaine fenêtre avec plus de constance dans les instants décisifs. En Coupe Davis, tout se joue souvent sur quelques points. Ce week-end, ces points-là sont tombés du mauvais côté.

 

 

 

 

 

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