Powerlifting : Étienne el-Chaer fait rugir le Liban sur la scène des géants
Étienne el-Chaer frappe fort à Sheffield. ©©chaeretienne

Le colosse de Jbeil, Étienne el-Chaer, a frappé un grand coup en se classant 3e à Sheffield, rendez-vous “champions des champions” du powerlifting classique. À la clé, un total monumental de 984 kg et un soulevé de terre à 401,5 kg qui a fait basculer la soirée dans une autre dimension.

Dans l’univers du powerlifting classique, Sheffield n’est pas un championnat comme les autres. C’est un invitational qui rassemble l’élite mondiale, avec un format conçu pour comparer des athlètes de catégories différentes en fonction de leur performance par rapport aux records de leur catégorie. Résultat : chaque tentative pèse double. Le moindre faux pas coûte cher, la moindre barre validée au bon moment peut faire basculer un podium.

Un bronze qui pèse très lourd : 984 kg, et un deadlift “monstrueux”
Trois mouvements, trois verdicts, zéro place pour l’à-peu-près. À Sheffield, el-Chaer empile 345 kg au squat, claque 237,5 kg au développé couché, puis arrache 401,5 kg au soulevé de terre pour verrouiller un total de 984 kg. Dans le jargon, c’est une compétition “propre”, gérée comme un match : des choix de barres justes, une montée en puissance maîtrisée, et une finition au sang-froid quand la salle retient son souffle.

Le garçon de Jbeil
Ce podium ne sort pas de nulle part. Natif de Jbeil, el-Chaer s’est construit dans la rigueur et la répétition, affûtant sa machine à Beyrouth, à Barbell House, sous la houlette de Shiva Karout. Il incarne cette génération libanaise des sports de force qui refuse les plafonds de verre et qui avance, kilo après kilo, vers les grandes scènes. Champion du monde en 2025 chez les -120 kg, il confirme aujourd’hui sur un plateau encore plus dense, dans un format où la pression ne laisse aucun répit.

C’est quoi le powerlifting, et pourquoi ce n’est pas l’haltérophilie
Le powerlifting, c’est la force maximale sur trois mouvements codifiés : squat, développé couché, soulevé de terre. Chaque athlète a trois essais par mouvement ; on additionne le meilleur des trois pour obtenir le total. Tout se joue à la validation, au respect des standards techniques et à la stratégie des tentatives.

L’haltérophilie, elle, repose sur deux mouvements explosifs et très techniques : l’arraché et l’épaulé-jeté. Plus de vitesse, plus de projection, plus de précision instantanée. Deux sports cousins par la fonte, mais deux grammaires différentes : en powerlifting, on construit et on verrouille ; en haltérophilie, on accélère et on “jette” au-dessus de la tête.

Le Liban a un nom qui compte, désormais
À Sheffield, el-Chaer n’a pas seulement remporté une médaille. Il a envoyé un signal. Dans un sport où la hiérarchie mondiale s’écrit à coups de barres validées, le colosse de Jbeil s’est installé là où l’on ne vient pas pour “faire un tour”, mais pour peser. Et le Liban, avec lui, gagne encore un peu plus sa place sur la carte mondiale de la force.

 

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