Le compte à rebours est lancé. Le Liban s’envole vers Taïwan avec une idée fixe : remettre ça, gagner encore, et pousser la porte du Groupe mondial I. Le rendez-vous est programmé samedi et dimanche prochains, les 7 et 8 février, dans la Taipei Tennis Center Arena, sur surface dure. Une confrontation couperet, une vraie, où le vainqueur décroche sa place dans le Groupe mondial I, ce palier que le Liban considère comme son “niveau naturel” et qu’il a déjà connu par le passé.
L’histoire récente ajoute du piment à l’affiche. Les deux nations se sont déjà croisées en 2018 au Liban, avec une victoire des joueurs du Cèdre. Huit ans plus tard, Taïwan veut effacer cette cicatrice et “se venger” à domicile. Le Liban, lui, arrive avec l’ambition inverse : confirmer, imposer une nouvelle fois sa loi face à un rival est-asiatique qui se présentera, cette fois, porté par sa salle et ses repères.
Dernière répétition à Zouk Mosbeh
Avant d’embarquer, la sélection libanaise a bouclé sa dernière séance sur les courts de l’Académie de tennis de l’Université Notre-Dame de Louaizé à Zouk Mosbeh, sous la direction du capitaine et entraîneur national Fadi Youssef. Une séance à forte charge symbolique, en présence du président de la Fédération libanaise de tennis, Alain Sayegh, du vice-président Nassib Haddad, du membre Raymond Khatoura, et de l’ensemble des sélections de jeunes (filles et garçons). Une rencontre spontanée, presque un passage de témoin : les équipes de catégories d’âge ont échangé avec les joueurs de Coupe Davis et leur ont souhaité bonne chance avant ce déplacement à haut risque. La presse était également au rendez-vous pour prendre le pouls d’un groupe qui se sait attendu.
Sayegh, Youssef, Habib, Hassan : la même ligne, un seul objectif
Dans le discours, pas de détour. Alain Sayegh a insisté sur le caractère capital du duel : l’enjeu est simple, brut, immédiat, une qualification pour le Groupe mondial I. Le président a aussi pointé un paramètre qui pèse toujours dans ce genre de rendez-vous : Taïwan arrive avec des joueurs mieux classés au ranking mondial publié par la Fédération internationale de tennis, un indicateur qui n’écrit pas le match mais donne le décor.
Fadi Youssef, lui, parle “mission” : offrir une image forte du tennis libanais, un tennis qui a déjà “de la bouteille” à l’international, surtout en Coupe Davis où les scénarios se jouent souvent sur la gestion des temps faibles, la solidité mentale et les points charnières.
Côté joueurs, la tonalité est la même. Hadi Habib se dit prêt, “en pleine forme” pour ce week-end décisif. Benjamin Hassan vise le gros coup, celui qui marque une campagne : gagner en terre adverse et transformer Taipei en “pont” vers le Groupe mondial I, un vrai match de bascule.
Classements, dynamique, historique
Sur le papier, Taïwan part avec un avantage statistique. La sélection taïwanaise est classée 28e au classement mondial (313,75 points), quand le Liban pointe au 51e rang (262,25 points). Mais la Coupe Davis adore les équipes qui renversent la table : un double bien géré, un simple arraché au mental, et l’équilibre peut basculer.
Le Liban, lui, arrive avec de l’expérience. Son histoire en Coupe Davis a commencé en 1957 : 115 rencontres disputées, 63 victoires et 52 défaites. Et surtout, un dernier signal très positif : en septembre dernier, sur courts neutres en Égypte, le Liban a balayé la Barbade (4-0). Une perf’ qui a regonflé le vestiaire et rappelé une évidence : quand les Libanais mettent de l’intensité, ils savent verrouiller une confrontation.
Taïwan a débuté plus tard, en 1972, avec 99 rencontres au compteur (47 victoires, 52 défaites). Dernier match en date : une défaite serrée contre la Norvège (2-3) en septembre dernier. Un revers qui dit aussi quelque chose : Taïwan sait jouer des rencontres au couteau, et ce duel pourrait encore se décider sur une poignée de points.
Un week-end de vérité sur dur
À Taipei, le Liban devra être chirurgical. Sur dur, les fenêtres sont plus courtes, les retours punissent moins l’à-peu-près, et le momentum se gagne à la première balle, au service, à la qualité de relance. Le plan est clair : tenir les séquences, ne pas offrir de jeux gratuits, rester au contact, et frapper au bon moment. Le Groupe mondial I est au bout du tunnel. Deux jours. Cinq matchs potentiels. Trois victoires à aller chercher. Et une place à reprendre, ou à conquérir, dans le vrai haut niveau.




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