L'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak, emprisonné pour son rôle dans le tentaculaire scandale de corruption du fonds souverain 1MDB, a quitté vendredi sa prison pour être placé en résidence surveillée après avoir réglé une amende de 12 millions de dollars, a constaté un journaliste de l'AFP.
Najib, 73 ans, qui purge une peine de six ans d'emprisonnement pour corruption dans le cadre de cette affaire, a quitté la prison de Kajang à bord d'une voiture, suivie d'un convoi de véhicules, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.
La route menant à la résidence huppée de M. Najib a été délimitée par des rubans de signalisation jaunes de la police et des cônes de circulation bloquant l'accès à la zone, a constaté un journaliste de l'AFP vers midi.
Peu avant, son parti, l'Organisation nationale des Malais unis (Umno) avait annoncé que M. Najib avait réglé une amende de 12 millions de dollars, condition pour quitter sa prison et être placé en résidence surveillée.
«L'Umno a finalisé ce matin (vendredi, NDLR), auprès de la Haute Cour de Kuala Lumpur, toutes les procédures de paiement», avait indiqué le parti dans un communiqué, en faisant référence à une amende de 50 millions de ringgits (10,7 millions d'euros) dont devait s'acquitter M. Najib.
En septembre, le roi de Malaisie, le sultan Ibrahim, «a accordé une grâce sous condition» à l'ex-chef du gouvernement (2009-2018) âgé de 73 ans, «lui permettant de purger le reste de sa peine en résidence surveillée» à condition de payer cette amende.
Plus de 4,5 milliards de dollars ont été détournés du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), aujourd'hui dissous, entre 2009 et 2015.
Il avait été créé en 2009 par Najib Razak peu après son arrivée au pouvoir et était censé œuvrer au développement économique de la Malaisie.
Le détournement de fonds, pour des dépenses privées comme des résidences de luxe, un yacht géant et des toiles de Monet et Van Gogh, avait déclenché des enquêtes aux États-Unis, en Suisse ou encore à Singapour.
Le scandale a joué un rôle majeur dans la défaite aux élections de 2018 de Najib Razak et de l'Umno, le plus ancien parti de Malaisie, qui était au pouvoir depuis l'indépendance de cette ex-colonie britannique en 1957.
L'ancien chef du gouvernement purge actuellement une peine de six ans d'emprisonnement pour corruption dans le cadre de cette affaire.
Il a par ailleurs été condamné en décembre à 15 ans d'emprisonnement pour abus de pouvoir et blanchiment d'argent dans un autre volet, peine censée être effectuée à l'issue de la première de six ans. Il a interjeté appel.
AFP