Les démocrates ont repris mardi la Chambre des représentants et le Sénat. Donald Trump conserve la Maison-Blanche, mais perd le bouclier républicain qui protégeait son action au Congrès.

C’est un désaveu net. Lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates ont remporté la majorité dans les deux chambres du Congrès américain. Une première depuis le second mandat de Barack Obama : un président en exercice ne dispose plus d’aucune chambre acquise à son camp. Le scrutin s’est joué sur fond de popularité présidentielle au plus bas, de guerre contre l’Iran et de flambée des prix de l’essence.

Le nouveau Congrès ne siégera toutefois qu’à partir du 3 janvier. D’ici là, les républicains gardent la main, et certains analystes redoutent une escalade en Iran avant le changement de majorité.

Dès janvier, les démocrates disposeront de leviers importants : le contrôle du budget, le pouvoir d’enquête et de convocation, et, au Sénat, la validation des ministres, ambassadeurs et juges fédéraux. Les affaires de la famille Trump, les dossiers Epstein et le Pentagone figurent déjà parmi leurs cibles.

Mais leur marge reste limitée. Sans majorité des deux tiers, ils ne peuvent passer outre le veto présidentiel, que Trump promet d’utiliser largement. Au Sénat, il leur faudra aussi 60 voix pour contourner l’obstruction parlementaire. Une destitution reste envisageable à la Chambre, mais une condamnation exige 67 sénateurs.

Les deux prochaines années s’annoncent comme un bras de fer entre blocage et négociation, avec en ligne de mire la présidentielle de 2028.