Melania Trump doit recevoir jeudi à la Maison-Blanche des représentants russes et ukrainiens, à moins d’une semaine de pourparlers à Abou Dhabi sous médiation américaine pour tenter de trouver une issue au conflit en Ukraine.
Deux jours après le revers électoral cinglant essuyé par Donald Trump face à des démocrates très critiques concernant son récent rapprochement avec Vladimir Poutine, la Première dame américaine doit s’exprimer devant les médias sur les conséquences humanitaires de l’invasion russe.
Elle doit évoquer la récente trêve qui a permis l’évacuation d’une ville ukrainienne occupée, Olechky, en proie à de graves pénuries, et en vue de laquelle elle avait œuvré.
Elle doit recevoir à cette occasion des représentants ukrainiens et russes, notamment les médiateurs respectifs pour les droits humains de Kiev et Moscou, Dmytro Loubinets et Iana Lantratova, impliqués dans ce cessez-le-feu.
Chose rare, ce dernier avait été respecté par les deux belligérants, permettant le déminage des routes et le départ des habitants qui le souhaitaient vers l’Ukraine ou la Russie et les territoires sous son contrôle.
Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes, le négociateur russe Kirill Dmitriev sera également présent à Washington «si la logistique le permet».
La visite de ce conseiller chargé de la coopération économique internationale, si elle se confirme, intervient alors que Donald Trump s’est rapproché de Moscou en concluant un accord sur des livraisons de gazole russe et en exemptant la Russie de nouvelles sanctions sur son secteur énergétique.
Avant cette rencontre, Volodymyr Zelensky a accordé mercredi une décoration à Melania Trump pour sa «contribution personnelle à l’aide humanitaire».
Le président ukrainien, qui cherche à conserver le soutien de Washington malgré des relations délicates avec le président républicain, s’est entretenu avec les émissaires de la Maison-Blanche Steve Witkoff et Jared Kushner mercredi, dès le lendemain des élections de mi-mandat.
«Nous avons eu une conversation très détaillée, d’une heure et demie», centrée sur la préparation des pourparlers d’Abou Dhabi les 10 et 11 novembre entre représentants ukrainiens, russes et américains, a déclaré M. Zelensky sur la plateforme X.
«Davantage de pression»
Le dirigeant ukrainien, qui doit être reçu jeudi à Madrid par le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a martelé que son pays était «prêt à prendre les mesures nécessaires» en vue d’une fin de conflit qui fait rage depuis près de cinq ans.
«Nous travaillons dur avec toutes les parties pour trouver un chemin menant à une paix durable», a réagi M. Kushner sur la même plateforme. «Nous concentrons nos efforts non seulement sur l’objectif de mettre fin à cette terrible guerre mais aussi sur une architecture de sécurité nécessaire pour qu’elle ne reprenne jamais une fois les hostilités terminées», a détaillé le gendre de M. Trump.
Outre les pourparlers d’Abou Dhabi – les premiers dans ce format depuis la mi-février –, des rencontres se tiennent mercredi et jeudi à Bruxelles entre représentants de l’Ukraine, de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de l’Otan et des États-Unis.
La réunion de mercredi a porté sur «la reconstruction après la guerre» et a été «substantielle», a précisé M. Zelensky mercredi soir, ajoutant que celle de jeudi serait consacrée «aux garanties de sécurité pour l’Ukraine».
Il demande à ses alliés de manière répétée d’accroître leur aide en matière de défense antiaérienne, pour contrer des bombardements russes très intenses, notamment contre ses infrastructures énergétiques, alors que l’hiver approche.
Après la victoire démocrate aux élections de mi-mandat, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dit espérer que le prochain Congrès américain «exercera davantage de pression sur la Russie».
«Pour être franc, ces deux dernières années, Trump a gouverné en grande partie sans tenir compte du Congrès. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui?», a tempéré le chancelier allemand Friedrich Merz.
Le Kremlin, de son côté, a souligné que Donald Trump «reste en fonction» : «Nous espérons sincèrement qu’il poursuivra également ses efforts en faveur de la paix», a déclaré Dmitri Peskov.
AFP