Une pétition sur le site de l'Assemblée nationale appelant à «supprimer CNews de l'audiovisuel français» a dépassé 500.000 signatures lundi, ouvrant la voie à un possible débat sur le sujet dans l'hémicycle.

La chaîne du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est régulièrement accusée de promouvoir les opinions et les thèmes d'extrême droite, ce qu'elle conteste en assurant défendre la liberté d'expression.

«Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique», a réagi CNews, sollicitée par l'AFP.

«CNews n'est pas une chaîne d'information. C'est une machine de propagande», est-il écrit en introduction de la pétition, lancée par un particulier.

Ces accusations ont pris plus de vigueur après l'attentat raciste de Trappes, dans la région parisienne, le 23 octobre, dans lequel un Français de 39 ans, Kévin T., est soupçonné d'avoir tiré délibérément sur «des personnes (...) de type musulman ou africain ou nord-africain», selon la justice.

Une partie de la gauche, à l'instar du maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé les médias, et en particulier CNews, d'avoir une responsabilité dans cette attaque, en donnant trop de place sur leurs antennes aux discours stigmatisant les immigrés ou les personnes issues de l'immigration.

Selon le règlement de l'Assemblée, un débat dans l'hémicycle peut être organisé sur un rapport relatif à une pétition signée par plus de 500.000 personnes.

Pour cela, une commission doit auparavant se prononcer en décidant de la classer ou de l'examiner, élaborant alors ce rapport.

L'organisation d'un débat passé ce seuil n'est donc pas systématique.

Lancée en juin, cette pétition demandant la fermeture de CNews a vu le nombre de ses signataires fortement augmenter fin octobre, alors qu'elle se situait à moins de 100.000 signatures numériques.

CNews avait été mise en demeure en juin par le régulateur de l'audiovisuel (Arcom) de corriger un «déséquilibre manifeste et durable dans l'expression des courants de pensée et d'opinion» sur son antenne, notamment «sur la menace que représenteraient l'immigration et l'islam pour la société française».

Les équipes de CNews ont régulièrement été la cible de l'hostilité de manifestants dans les mobilisations sociales et lycéennes ces derniers jours.

Le siège parisien de CNews et d'Europe 1 a aussi été pris pour cible par une centaine de personnes le 17 octobre au début d'une journée d'action nationale marquée par des violences, des actes «d'intimidation» dénoncés par les deux médias dans le giron de Vincent Bolloré.

AFP