Le patriarche maronite, Béchara Raï, a appelé dimanche à préserver le Liban de toute nouvelle guerre, estimant qu’il s’agissait désormais d’une «responsabilité nationale majeure». Il a également réaffirmé que la décision de guerre et de paix devait relever d’une seule autorité et que les armes devaient être exclusivement détenues par l’État.

Dans son homélie prononcée lors de la messe dominicale à Bkerké, Mgr Raï a averti que les tensions régionales et les risques d’escalade menaçaient d’entraîner le Liban dans des conflits dépassant ses frontières et les intérêts de sa population.

Il a souligné que les Libanais ne pouvaient supporter une nouvelle guerre et aspiraient à une paix respectueuse de la dignité humaine et de la souveraineté nationale. Selon lui, la pluralité des centres de décision en matière de guerre et de paix compromet directement la stabilité du pays.

Mgr Raï a également abordé la question des frontières et de la sécurité intérieure. Il a dénoncé les tentatives répétées de trafic d’armes, citant notamment l’affaire du camion chargé d’explosifs intercepté à Dahr el-Baïdar, qu’il a qualifiée de menace pour la paix civile, la sécurité des citoyens et la stabilité du pays.

Évoquant la multiplication des achats de terrains par l’intermédiaire de courtiers profitant de la crise économique, il a appelé les Libanais à préserver leurs terres et à éviter de les vendre. Il a présenté la propriété foncière comme un héritage familial et une composante de l’identité historique, sociale et politique.

Le patriarche s’est enfin attardé sur la hausse du coût de la vie, la diminution du pouvoir d’achat et l’accumulation des taxes et des charges. Il a estimé que l’État devait être évalué à l’aune des services, de la justice et de la protection qu’il apporte aux citoyens, et non uniquement des sommes qu’il leur réclame.