Le Conseil des ministres, réuni jeudi après-midi au Sérail, a consacré sa séance au dossier des déchets. Les ministres des Forces libanaises (FL) ont boycotté la réunion pour protester contre l’absence à l’ordre du jour du dossier des explosifs interceptés à Dahr el-Baydar et de celui de l’électricité.
À l’issue de la séance, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a indiqué que le gouvernement avait entendu une présentation du ministère de l’Environnement sur la stratégie de gestion des déchets solides. Les discussions ont notamment porté sur le tri, la coordination avec les municipalités et la réduction du volume des déchets. Les résidus devraient être éliminés par enfouissement, après la réalisation des études nécessaires.
M. Morcos a précisé que le ministre de la Justice, Adel Nassar, avait soulevé le dossier des explosifs pendant la réunion. Le Premier ministre a alors rappelé que la séance était exclusivement consacrée aux déchets. Selon le ministre de l’Information, le dossier reste toutefois en cours de suivi et doit être réexaminé en fonction de l’avancement de l’enquête, avant que le Conseil des ministres ne prenne les décisions nécessaires.
Nassar maintient sa demande de renvoi devant la Cour de justice
Avant la réunion, Adel Nassar avait affirmé qu’il demanderait le renvoi du dossier des explosifs de Dahr el-Baydar devant la Cour de justice. Il avait assuré qu’il ne ferait aucune concession sur cette demande et qu’il réclamerait la fixation d’une date pour son examen si le Premier ministre refusait de l’aborder lors de la séance.
Le ministre de la Justice a réitéré son insistance sur ce renvoi, remerciant les ministres qui soutiennent sa position et affirmant qu’il ne reviendrait pas sur sa demande. Il a précédemment expliqué que son insistance ne traduisait pas un manque de confiance dans l’enquête en cours, mais était motivée par les risques que cette affaire représente, selon lui, pour la sécurité nationale.
Les Forces libanaises réclament un renvoi rapide du dossier
Dans un communiqué publié par son service de presse, jeudi, les Forces libanaises ont appelé le gouvernement à transmettre le dossier des explosifs à la Cour de justice dans les plus brefs délais.
Les FL ont dénoncé la poursuite des investigations et la circulation de noms de personnes soupçonnées, alors que, selon eux, des députés et des responsables du Hezbollah ont publiquement reconnu que les explosifs appartenaient au parti et étaient transportés par celui-ci. Les FL accusent les autorités de se concentrer sur des exécutants présumés tout en négligeant les responsables de la décision.
Estimant que l’affaire constitue une menace pour la sécurité nationale, en particulier pour les habitants du Sud, le parti affirme que l’enquête doit tenir compte de cette dimension sécuritaire et des responsabilités qu’il attribue aux dirigeants du Hezbollah. Il considère que les justifications avancées pour le transport de ces explosifs ne diminuent pas, selon lui, le danger qu’ils représentent pour la population.