Un bombardement mené par l’Arabie saoudite a fait au moins 12 morts dans l’ouest du Yémen, ont affirmé jeudi les Houthis pro-iraniens, en pleine intensification des hostilités entre les deux camps.
«Selon un bilan provisoire, 12 personnes ont été tuées et trois autres se trouvent dans un état critique à la suite d’une attaque de l’ennemi saoudien», a indiqué le ministère de la Santé du mouvement houthi, dans un communiqué cité par l’agence Saba.
La frappe a visé des habitations dans la province de Taëz (ouest), a précisé cette source.
Avant cela, un missile balistique avait été tiré par les Houthis vers l’Arabie saoudite et intercepté, selon la coalition menée par Riyad contre ces combattants, en appui au gouvernement yéménite.
Le conflit au Yémen a repris en juillet, après quatre ans d’accalmie, dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient.
Mercredi, des bombardements saoudiens visant notamment une station-service et un marché avaient fait au moins 14 morts dans la province frontalière d’al-Jawf (nord-ouest), selon les Houthis.
Ceux-ci avaient de leur côté visé l’aéroport d’Aden, ville du sud qui abrite le siège temporaire du gouvernement, chassé de la capitale Sanaa.
Selon le porte-parole des forces gouvernementales, Majed al-Nuzaili, c’est la sixième fois que l’aéroport était visé. Il a fait état de blessés civils et de dégâts matériels.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a invoqué «la présence d’un avion-cargo militaire» saoudien «transportant des armes destinées à tuer le peuple yéménite» pour justifier l’attaque.
L’Arabie saoudite n’a pas commenté ces allégations.
Les hostilités se sont intensifiées en septembre avec une offensive des combattants pro-iraniens dans l’ouest du pays, qui leur a permis de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.
Depuis, l’Arabie saoudite, alliée du gouvernement depuis 2015, bombarde régulièrement les positions des Houthis, qui ripostent en multipliant les attaques sur le sol saoudien, visant notamment les installations pétrolières du royaume.
Face à cette offensive, Riyad a cherché à rallier un soutien international, sans que son allié américain n’ait jusque-là donné suite.
«Code d’honneur»
Les combats au Yémen ont fait plus de 1.600 morts et 275.000 déplacés, selon les chiffres de l’ONU, sans qu’aucune issue diplomatique ne soit en vue.
Dans ce grave contexte humanitaire, environ une centaine de chefs tribaux yéménites ont présenté un «code d’honneur» engageant ses signataires à protéger les civils et garantir l’accès de l’aide, au siège des Nations unies à Genève jeudi.
Signé par quelque 5.000 chefs tribaux à travers tout le pays, selon la Fondation suisse DCAF, le code vise aussi à protéger les blessés, imposer le respect des morts et le traitement humain des prisonniers, et préserver les infrastructures civiles.
Pour Tatiana Valovaya, directrice générale de l’ONU à Genève, «des initiatives ancrées localement comme celle-ci ne peuvent se substituer aux efforts politiques, mais peuvent apporter une contribution importante en instaurant la confiance et en renforçant les bases sur lesquelles repose une paix durable».
AFP