L'Assemblée générale de l'ONU a adopté mercredi à une large majorité une nouvelle résolution réclamant la fin de l'embargo américain contre Cuba, avec cependant un nombre de votes favorables au plus bas depuis trente ans.
Depuis plusieurs semaines, La Havane accuse Washington de mener une offensive diplomatique auprès de plusieurs pays pour qu'ils retirent leur soutien à la résolution non contraignante présentée par Cuba.
Cette résolution, qui demande la levée de l'embargo économique, commercial et financier des États-Unis contre l'île communiste, a recueilli 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions. Il s'agit du niveau de soutien le plus faible depuis 1995.
Présentée depuis 1992, la résolution cubaine faisait également référence cette année aux conséquences du blocus pétrolier imposé par Washington depuis neuf mois.
Cuba a très longtemps bénéficié d'un soutien presque unanime à l'ONU. Entre 2005 et 2024, elle a obtenu de manière constante plus de 182 voix favorables à sa résolution, avec les États-Unis et Israël comme principaux opposants.
«Le monde s'est à nouveau prononcé majoritairement contre le blocus, en dépit des pressions et des chantages les plus grossiers des États-Unis pour infléchir le cours de ce vote», s'est félicité sur X le président cubain Miguel Diaz-Canel.
Au siège des Nations unies, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a accusé Washington de vouloir «déterminer le destin» de son pays et «s'approprier» ses richesses.
«Le blocus tue et punit notre population silencieusement comme jamais auparavant», a dénoncé le ministre cubain à la tribune.
Peu avant le vote, l'ambassadeur américain à l'ONU, Mike Waltz, a nié l'existence d'un blocus contre Cuba et estimé que «les pénuries du peuple cubain sont exclusivement de la faute du régime communiste corrompu».
Le représentant américain a souligné que les États-Unis avaient vendu, entre janvier et août, au secteur privé cubain pour 875 millions de dollars de marchandises, dont du carburant. «C'est ce qui gêne ce régime communiste, le mot secteur privé», a-t-il ajouté.
Mardi, Mike Waltz et Bruno Rodriguez avaient eu un vif échange lors des débats sur la résolution. Mike Waltz avait dénoncé le train de vie des responsables cubains et la répression politique. M. Rodriguez l'avait traité de «menteur».
Selon La Havane, l'embargo, en vigueur depuis 1962, a provoqué des pertes financières record de huit milliards de dollars entre mars 2025 et février 2026, avant même la mise en oeuvre du blocus pétrolier et des récentes sanctions américaines contre l'île.
AFP