Avec un Hezbollah qui cherche à reconstituer ses capacités militaires, notamment en matière de drones explosifs, Israël entend se prémunir. L’État hébreu préparerait, en effet, le déploiement d’un nouveau système laser dans son secteur nord.
Selon les médias israéliens, le ministère israélien de la Défense aurait développé ce système tactique en coopération avec l’armée et les industries de défense. Il devrait être mis en service prochainement à la frontière nord, avant une éventuelle extension à d’autres secteurs frontaliers.
Si les moyens d’interception dits classiques détruisent une cible à l’aide d’un projectile, une arme laser concentre, elle, un faisceau d’énergie sur celle-ci afin de l’endommager ou de la neutraliser. L’équipement doit d’abord détecter et suivre la cible, puis maintenir le faisceau sur un point précis suffisamment longtemps pour provoquer des dégâts. Cette technologie permet de réduire considérablement le coût de chaque interception, puisqu’elle ne nécessite pas de tirer un missile pour chaque menace. Son efficacité dépend toutefois de plusieurs facteurs, notamment la portée, les conditions météorologiques et les caractéristiques de la cible.
Les drones filoguidés, un défi pour l’armée israélienne
Contrairement aux drones commandés par radio, les appareils guidés par fibre optique utilisent un câble pour transmettre les commandes. Ils échappent ainsi au brouillage électronique classique, ce qui complique leur interception.
Le 13 octobre dernier, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé une mesure temporaire visant à interdire les drones guidés par fibre optique et ceux utilisant les réseaux cellulaires dans l’espace aérien israélien, avec certaines exemptions. Cette décision faisait écho à la menace représentée par ces appareils, qui ont constitué un défi pour les forces israéliennes présentes au Liban.
Plus tôt, soit en mai, l’agence de presse britannique Reuters rapportait déjà qu’Elbit Systems, un groupe israélien spécialisé dans les technologies de défense, travaillait avec le ministère israélien de la Défense sur des moyens de lutte contre les drones explosifs du Hezbollah. Les solutions envisagées comprenaient notamment des armes à énergie dirigée, dont des systèmes laser, ainsi que d’autres technologies d’interception.
Israël dispose par ailleurs du programme Iron Beam, une arme laser développée par Rafael, groupe public israélien d’armement, en coopération avec le ministère israélien de la Défense. Le premier exemplaire a été remis à l’armée israélienne en décembre 2025. Présenté comme complémentaire aux systèmes Iron Dome, David’s Sling et Arrow, il est destiné à intercepter différentes menaces aériennes, notamment des roquettes, des obus de mortier et des drones.
Le Hezbollah reconstitue ses capacités militaires
Entre-temps, le Hezbollah, lui, s’emploie à reconstituer son arsenal. Dans une enquête publiée le 26 octobre, Reuters rapporte, sur la base de sources sécuritaires libanaises informées de ses activités, que la formation milicienne a consacré les trois derniers mois à préparer une éventuelle reprise des hostilités avec Israël.
Selon ces sources, le Hezbollah aurait reçu des dizaines de millions de dollars de l’Iran pour se renforcer militairement. Comment? En cherchant surtout à se procurer des explosifs, à fabriquer des drones d’attaque et à restaurer des structures de commandement et de contrôle endommagées lors des combats précédents. Ces transferts allégués s’ajouteraient aux quelque 200 millions de dollars destinés à l’aide aux familles déplacées, dont Reuters avait fait état antérieurement. L’agence souligne néanmoins que le Hezbollah n’a pas encore entièrement reconstitué ses stocks d’armes ni ses capacités de combat.
L’annonce de cette nouvelle arme laser illustre donc les préparatifs israéliens face à un Hezbollah qui, malgré les pertes subies, s’efforce - tant bien que mal - de retrouver ses capacités militaires.