Le gouvernement irakien a annoncé qu'un groupe de combattants yézidis lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) remettrait ses armes à l'État lundi et intégrerait les forces officielles, dans un contexte de renforcement de la coopération militaire irako-turque.

Les «Unités de protection de Sinjar», implantées dans le nord de l'Irak depuis plus de dix ans, regroupent des combattants de la minorité yézidie qui ont combattu le groupe jihadiste État islamique jusqu'à sa défaite en 2017.

Elles sont également liées au PKK, classé organisation terroriste par Ankara. Le mouvement mène actuellement des négociations avec la Turquie en vue d'un accord de paix, après avoir annoncé sa dissolution l'an dernier, au terme de plusieurs décennies de conflit armé.

«Une cérémonie marquant le désengagement militaire des Unités de protection de Sinjar et leur intégration aux institutions officielles irakiennes, ainsi que le transfert aux autorités fédérales de la responsabilité de la sécurité dans le mont Sinjar, aura lieu aujourd'hui», a déclaré le porte-parole militaire du gouvernement irakien, Sabah al-Numan, dans un communiqué.

Cette évolution s'inscrit, selon lui, dans la politique du gouvernement visant à placer sous son contrôle les armes des groupes opérant en dehors du cadre étatique.

Les «Unités de protection de Sinjar», citées par l'agence kurde Firat, ont confirmé la conclusion d'un accord avec Bagdad, «mettant fin au statut militaire indépendant de nos forces, qui comptent 4.165 combattants, hommes et femmes, afin de les intégrer au système de sécurité fédéral».

Signe des avancées du processus de paix avec Ankara, le PKK a annoncé ce mois-ci le retrait de tous ses combattants du territoire turc et de quatre bases dans le nord de l'Irak, où il est implanté depuis des années. La Turquie y maintient des bases militaires depuis 25 ans pour combattre le mouvement.

Le mois dernier, Ankara avait annoncé son intention de transférer progressivement à Bagdad le contrôle de la base militaire de Bachiqa, près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, sans préciser de calendrier.

Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, étaient également convenus le mois dernier, lors d'une rencontre à New York, de «rétablir pleinement l'autorité de l'État irakien à Sinjar et de mettre fin à la présence d'éléments armés étrangers interdits», selon Bagdad.

Dans un entretien à l'AFP la semaine dernière, le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a salué les récents progrès réalisés dans la région de Sinjar, affirmant que la Turquie continuerait de soutenir l'Irak et entendait «renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays» dans les prochains mois.

AFP