Originaire de Baalbeck, Fatima Hassan, 27 ans, s’est construit un parcours des compétitions universitaires aux podiums mondiaux du muay-thaï. En septembre, au Kosovo, elle a décroché deux médailles d’or, en combat et dans l’épreuve technique. Derrière ce doublé, une sportive qui représentait déjà le Liban à l’international quatre ans plus tôt et dont le nom gagne désormais à être connu.

Sur la photographie, Fatima Hassan déploie le drapeau libanais derrière ses épaules, le sourire large et une médaille autour du cou. Cette image, prise au Kosovo, marque une étape dans un parcours qui l’avait déjà conduite jusqu’à Samsun, en Turquie, pour la Coupe du monde universitaire de muay-thaï en 2022.

Quatre ans plus tard, la combattante de Baalbeck est revenue d’un rendez-vous mondial avec deux médailles d’or. Face à son adversaire vietnamienne, elle a conclu par K.-O. dans la troisième reprise. Dans l’épreuve de muay-thaï technique, elle s’est également imposée devant une concurrente albanaise.

Le troisième round pour conclure

Dans un sport où la distance se dispute à chaque échange, gagner avant la limite constitue une conclusion nette. Poings, coudes, genoux et tibias composent l’arsenal du muay-thaï. Mais cette diversité impose aussi de savoir se placer, protéger ses ouvertures et retrouver ses appuis après avoir déclenché. La puissance seule ne résume jamais le travail d’une combattante.

Pour Hassan, la victoire face à la Vietnamienne représente le versant le plus spectaculaire de cette campagne. Son second titre, dans l’épreuve technique, complète le palmarès au cours d’une même compétition. De Baalbeck aux podiums mondiaux du muay-thaï, Fatima Hassan a porté le Liban jusqu’à l’or, deux fois.

Les Mondiaux seniors toutes disciplines de l’IFMA, la Fédération internationale des associations de muay-thaï, se sont tenus à Deçan, au Kosovo, avec des compétitions programmées jusqu’au 11 septembre. Ce cadre réunissait plusieurs catégories et spécialités : le doublé de la Libanaise récompense ainsi deux épreuves distinctes au sein du même événement.

Une trajectoire passée par le sport universitaire

Avant ces titres, Fatima Hassan avait déjà intégré une sélection libanaise pour se mesurer à la concurrence internationale. Lors du déplacement universitaire en Turquie, elle représentait l’Université islamique du Liban, au sein d’une délégation de trois athlètes encadrée par Qassem el-Khatib.

Une préparation collective avait précédé la sélection définitive. Cette participation constitue un repère dans son parcours : bien avant les photographies du podium mondial, Hassan figurait parmi les athlètes retenus pour porter les couleurs libanaises à l’étranger.

Le passage par les compétitions universitaires donne ainsi de la profondeur à son palmarès. Le doublé du Kosovo vient enrichir une trajectoire engagée plusieurs années auparavant, dont les médailles rendent aujourd’hui l’aboutissement plus visible.

Un palmarès à défendre

Ce résultat offre au muay-thaï féminin libanais une visibilité précieuse. Il permet surtout de parler d’une combattante à travers ce qui fonde sa légitimité sportive : ses engagements internationaux et ses victoires.

La suite se jouera dans sa capacité à prolonger ce parcours au fil des prochaines compétitions. Le doublé du Kosovo lui donne désormais un palmarès à défendre et un nom à faire respecter. Sur la photographie, Fatima Hassan tient le drapeau à bout de bras. Sur le ring, elle a gagné le droit de le porter en championne.