Le Parlement égyptien a reporté dimanche un vote pour autoriser un soutien militaire à l'Arabie saoudite face aux attaques de Houthis pro-iraniens du Yémen, afin de prolonger les délibérations lundi, ont annoncé deux députés à l'AFP.
La séance extraordinaire, convoquée à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, a été prolongée «pour donner à tous les députés la possibilité de prendre la parole et d'exprimer leur avis», a déclaré le député Ibrahim Kholeif à l'AFP.
Une autre élue, Maha Abdel Nasser, a confirmé que les débats se poursuivraient lundi «pour permettre à tous les parlementaires d'être entendus», dans une chambre dominée par les partisans du président Sissi.
Selon les deux élus, aucun détail sur l'éventuel soutien militaire que l'Égypte pourrait apporter à l'Arabie saoudite n'a été abordé dans l'immédiat.
Samedi, le président Sissi avait demandé le feu vert du Parlement pour contribuer à la défense du royaume, «s'il en faisait la demande», estimant qu'il était «inconcevable» que Le Caire ne fasse rien quand «la sécurité et la stabilité de l'Arabie saoudite sont menacées».
«Je ne parle pas d'affronter ou d'attaquer qui que ce soit. Nous parlons uniquement de défense», avait-il souligné.
Du Yémen, le président du Parlement houthi, Yehia Ali al-Rai, a adressé un courrier d'avertissement à son homologue égyptien, selon l'agence de presse affiliée au mouvement, Saba.
«Une dérive de l'Égypte dans cette direction représenterait un grave danger pour sa propre sécurité nationale et sa stabilité intérieure», y met-il en garde.
La Constitution égyptienne exige l'approbation à la fois du Parlement et du Conseil national de la défense avant tout déploiement de troupes dans des missions à l'étranger.
Le Conseil national de la défense, présidé par M. Sissi, a approuvé dimanche la fourniture à l'Arabie saoudite de «toutes les formes de soutien nécessaires et disponibles» pour contribuer à défendre sa sécurité, son intégrité territoriale et ses lieux saints, a annoncé la présidence.
Le Conseil a aussi appelé à intensifier les efforts politiques et diplomatiques pour résoudre les crises régionales par des «moyens pacifiques».
Selon Samir Farag, un expert militaire, le soutien égyptien à Ryad pourrait prendre plusieurs formes: partage de renseignement, envoi de conseillers militaires, de munitions, de pièces détachées pour l'armement, jusqu'au déploiement de troupes.
Le conflit fait rage depuis 2014 entre les Houthis et le gouvernement yéménite soutenu par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite. L'Égypte l'avait rejointe au pic des hostilités, en 2015, envoyant des forces navales et aériennes.
Après des années d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet. Les Houthis se sont emparés du littoral yéménite sur la mer Rouge en septembre et ont depuis lancé des attaques sans précédent sur l'Arabie saoudite, visant en particulier le géant pétrolier public Aramco et l'aéroport international de Ryad, où 13 personnes ont été tuées la semaine dernière.
Outre l'Arabie saoudite, l'Égypte est le pays le plus touché par les perturbations autour du détroit de Bab-al-Mandab, porte d'accès au canal de Suez, dont les recettes sont en baisse depuis les premières attaques houthies dans le secteur en 2023, en marge alors de la guerre à Gaza.
AFP