Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a décrété samedi que les élections présidentielles et législatives se tiendraient simultanément le 11 septembre 2027, reportant de près d'un an le scrutin législatif attendu par la communauté internationale.
Les signes d'un report des législatives, les premières depuis 2006, se multipliaient ces derniers jours.
Le président «a publié samedi un décret présidentiel appelant à la tenue simultanée d'élections présidentielles et législatives», a indiqué son bureau dans un communiqué diffusé par l'agence officielle Wafa.
Les élections législatives, dont la tenue s'inscrit dans le cadre des réformes demandées par la communauté internationale, devaient avoir lieu le 28 novembre 2026, tandis que les présidentielles étaient attendues au début de l'année 2027.
Les autorités palestiniennes ont affirmé cette semaine que leurs responsables électoraux se voyaient refuser par Israël l'accès à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza.
Dans son communiqué, la présidence palestinienne souligne que le nouveau calendrier a été décidé en raison «d'obstacles imposés par les mesures israéliennes qui empêchent la tenue des élections à la date initialement prévue, ainsi que la nécessité de créer des conditions politiques, sécuritaires et concrètes appropriées afin de garantir des élections libres, équitables et inclusives».
Lors d'une réunion mercredi au Caire, quatre factions palestiniennes, dont le Fatah de M. Abbas et le Hamas, étaient convenues de tenir un «dialogue national», et, selon une source proche des discussions, de demander un report du vote.
Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, avait accusé vendredi l'Autorité palestinienne de «tromper la communauté internationale» en prévoyant ce report.
En 2021, Mahmoud Abbas avait déjà convoqué des législatives et une présidentielle, finalement reportées sine die faute de garanties concernant leur organisation à Jérusalem-Est, annexée par Israël.
Les dernières élections législatives de 2006 dans les territoires palestiniens ont été remportées par le Hamas, qui contrôle Gaza, surpassant le Fatah, qui contrôle l'Autorité palestinienne en charge de parties de la Cisjordanie occupée, ce qui a accentué les différends entre les deux mouvements rivaux.
Depuis la rupture entre les deux mouvements en 2007, le Conseil législatif palestinien, équivalent d'un Parlement, ne siège plus. Mahmoud Abbas, élu président en 2005, est resté au pouvoir malgré l'expiration théorique de son mandat en 2009 et gouverne depuis par décrets.
AFP