Les combattants houthis du Yémen ont attaqué samedi avec un missile l'aéroport de la capitale saoudienne Riyad, a indiqué à l'AFP une source diplomatique informée du tir, une source médicale faisant état de dizaines de blessés dont cinq graves.
Trois personnes, dont un pilote, avaient péri jeudi dans des frappes revendiquées par ces combattants pro-iraniens contre ce même aéroport.
«Les Houthis attaquent des cibles civiles. L'aéroport de Riyad est une cible civile», a déclaré la source diplomatique à l'AFP, précisant qu'«un missile» avait touché l'aéroport «vers 15H00».
«Des dizaines de personnes ont été blessées à l'aéroport, pour la plupart des ressortissants saoudiens. Au moins cinq d'entre elles, toutes saoudiennes, se trouvent en soins intensifs», a déclaré la source médicale à l'AFP, précisant que certains blessés avaient été évacués de l'aéroport vers l'hôpital par hélicoptère.
«J'ai vu des blessés. Tout le monde courait», a relaté à l'AFP un passager, qui attendait un vol tout près du terminal touché par le missile.
Un témoin a déclaré plus tôt avoir entendu une explosion alors qu'il attendait d'embarquer sur un vol, tandis que les deux autres témoins n'ont pas été en mesure de confirmer quel incident avait déclenché cette mesure d'évacuation.
Les autorités n'ont pas confirmé officiellement le tir et l'évacuation, et les Houthis n'ont pas revendiqué dans l'immédiat de frappes sur l'aéroport.
L'aéroport de Riyad avait demandé plus tôt samedi aux voyageurs de vérifier auprès de leurs compagnies si leur vol n'avait pas été annulé avant de se rendre sur place.
Il avait déjà fait un message similaire jeudi, après les frappes ayant également endommagé un avion. Il avait aussi été ciblé mercredi, entraînant des perturbations du trafic aérien.
Selon le site spécialisé Flight Radar, la dernier vol commercial a atterri à l'aéroport à 14H05 heure locale.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles. Ces dernières semaines, les responsables saoudiens ont fait peu de déclarations sur les conséquences des attaques des Houthis.
Combats au Yémen
L'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont sans précédent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a huit mois, quand l'Iran avait mené des frappes contre le royaume en riposte aux frappes israélo-américaines de fin février contre Téhéran.
Ces dernières attaques surviennent alors que l'Arabie saoudite apporte son soutien militaire aux forces gouvernementales yéménites qui combattent les Houthis au Yémen, où elles tentent de reprendre des territoires dont ils se sont emparés depuis septembre, dont le littoral sur la mer Rouge, à l'issue d'une offensive éclair.
Les deux camps semblent déterminés à poursuivre les combats plutôt que de rechercher une solution diplomatique.
Des sources militaires du camp gouvernemental au Yémen ont indiqué samedi à l'AFP que les forces yéménites avaient progressé face aux Houthis dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, mais sans parvenir à sécuriser cette voie maritime stratégique.
Selon ces sources et un responsable houthi, les combattants antigouvernementaux, qui avaient pris le contrôle du détroit lors de leur offensive éclair début septembre, tiennent toujours l'île de Mayyoun, au cœur du passage maritime.
«Nos forces maintiennent le contrôle de Bab el-Mandeb, de l'île de Mayyoun et des autres zones» du littoral ouest du pays, a déclaré à l'AFP Hizam al-Asad, un membre du bureau politique des Houthis.
Le détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, est devenu crucial pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Une source militaire du camp gouvernemental avait fait état vendredi d'une «vaste opération» en cours vendredi pour reprendre le contrôle de cette voie maritime.
Les affirmations des parties belligérantes sont impossibles à vérifier de manière indépendante, la situation évoluant rapidement et l'accès pour les journalistes étant difficile.
AFP