Le football libanais tient un titre inédit. À Aqaba, en Jordanie, la sélection des moins de 17 ans a remporté pour la première fois le Championnat d’Asie de l’Ouest en dominant le Yémen aux tirs au but (0-0, 4-3), au terme d’une finale tendue et d’un tournoi où les joueurs de Ramy El Ladki auront affiché une solidité remarquable. Déjà décisif en demi-finale, le gardien Mehdi Makki a été élu meilleur portier de la compétition.
Au coup de sifflet final, il ne restait plus qu’une séance de tirs au but pour séparer deux équipes qui s’étaient neutralisées pendant tout le temps réglementaire. Le Liban venait de passer 90 minutes à contenir un Yémen qui l’avait battu 2-1 quelques jours plus tôt en phase de groupes, sans jamais perdre son organisation ni céder à l’impatience.
La finale s’est jouée sur ce fil. Le Yémen a tenté d’imposer son rythme, le Liban a répondu par sa discipline défensive et sa capacité à fermer les espaces, tandis que les deux sélections se procuraient suffisamment de situations pour maintenir la menace sans parvenir à trouver le geste décisif.
Le score est resté bloqué à 0-0, envoyant les Libanais vers une épreuve qu’ils connaissaient déjà parfaitement.
Deux séances, deux démonstrations de sang-froid
En demi-finale face à la Jordanie, pays organisateur, les U17 libanais avaient déjà dû passer par les tirs au but après un autre score nul et vierge. Mohammad Madi, Mehdi Kammouni et Jad El Barouk avaient transformé leurs tentatives tandis que Makki faisait le reste, pour une victoire 3-1 synonyme de finale.
Face au Yémen, la pression était supérieure mais le scénario n’a pas changé. Les Libanais ont converti quatre tirs, le Yémen trois, et le dernier échec adverse a ouvert les portes d’un titre que le football national n’avait encore jamais remporté dans cette catégorie.
Le capitaine Mohammad Madi a ensuite soulevé le trophée au milieu de ses coéquipiers, tandis que Mehdi Makki recevait le prix de meilleur gardien du tournoi, récompense logique après deux rencontres à élimination directe conclues sans encaisser le moindre but et deux séances maîtrisées.
Le foot libanais tient peut-être là plus qu’un trophée: une génération qui a appris à gagner.
Un tournoi lancé pied au plancher
La conquête avait commencé par une démonstration face à la Syrie. Pour leur entrée dans le tournoi, les Libanais s’étaient imposés 4-0 grâce à Jad El Zohbi, Ibrahim Farchoukh, Hussein Kurdi et Mehdi Kammouni.
La deuxième sortie avait été beaucoup plus serrée, avec une victoire 1-0 face à la Palestine sur un penalty de Farchoukh. Six points en deux journées avaient déjà placé le Liban en position favorable avant le dernier rendez-vous de la phase de groupes face au Yémen.
Ce troisième match avait servi d’avertissement. Malgré l’ouverture du score de Jad El Barouk, les Libanais avaient fini par s’incliner 2-1 et terminer deuxièmes de leur groupe.
La défaite n’aura finalement pas laissé de traces durables. Elle aura même donné au tournoi une conclusion particulière: retrouver en finale la seule équipe qui avait réussi à les battre, puis prendre sa revanche au moment où elle comptait le plus.
Une équipe qui sait souffrir
La réussite libanaise ne tient pas à une avalanche de buts ou à une domination permanente. Elle repose davantage sur la capacité de ce groupe à rester dans ses matches, à défendre collectivement et à traverser les périodes difficiles sans se désunir.
Ralph Imad, Mohammad Madi, Omar Dalal, Jawad Messelmani, Mohammad Chahoud, Mohammad Hamieh, Sari Hanoun, Malek Mouarkesh, Jad El Zohbi, Jad El Barouk, Ibrahim Farchoukh, Hussein Kurdi et leurs partenaires auront traversé le tournoi en montrant plusieurs visages, capables de marquer quatre fois lors du premier match comme de verrouiller deux rencontres à élimination directe.
Ramy El Ladki aura surtout obtenu de son équipe une constance rarement évidente à cet âge. Sur les deux matches qui attribuaient réellement les places sur le podium, le Liban n’a encaissé aucun but en 180 minutes avant de maîtriser deux séances de tirs au but successives.
Un titre, maintenant une suite à construire
Le succès d’Aqaba ne permet pas encore de prédire combien de ces joueurs atteindront un jour la sélection A. Le passage du football de jeunes au niveau senior reste une étape délicate, qui dépendra du temps de jeu en club, de la formation, du suivi physique et de la possibilité d’affronter régulièrement des adversaires internationaux.
Mais cette génération possède désormais une référence commune que personne ne pourra lui retirer.
Elle a remporté un tournoi international, éliminé le pays hôte, pris sa revanche sur l’unique équipe qui l’avait battue et tenu ses nerfs lorsque deux rencontres successives se sont jouées depuis le point de penalty.
Pour le football libanais, souvent habitué à mesurer ses progrès à travers des signes encourageants ou des qualifications manquées de peu, la nuance est appréciable.