La Lituanie motivée par la crainte de son grand voisin russe a franchi mardi une première étape au Parlement vers l'abrogation de l'interdiction constitutionnelle des armes nucléaires sur son territoire, le vote décisif des députés pouvant intervenir en janvier.
«Nous réagissons à l'agression de la Russie. Si la Russie n'avait pas déclenché la guerre en Ukraine, nous n'aurions pas de délibérations comme celles d'aujourd'hui», a déclaré le ministre lituanien de la Défense, Robertas Kaunas, cité par des médias locaux.
Le président lituanien Gitanas Nauseda avait déclaré début juillet souhaiter que son pays participe à la dissuasion nucléaire occidentale face à Moscou, alors que le Parlement a entrepris d'apporter des amendements nécessaires à la Constitution.
En septembre, le Kremlin a averti qu'il pointera ses armes nucléaires vers la Lituanie si ce pays balte membre de l'Otan accueille sur son territoire des ogives venant des arsenaux de ses alliés.
Mardi, le Parlement lituanien a approuvé l'amendement à la Constitution par 106 voix pour, 18 contre et six abstentions.
Le prochain et ultime vote entérinant l'adoption de cet amendemant ne pourra avoir lieu qu'en janvier 2027, conformément à l'exigence légale d'un intervalle d'au moins trois mois entre les votes sur les modifications constitutionnelles, qui doivent réunir une majorité des deux tiers de voix au Parlement.
Vilnius affirme que l'interdiction actuelle de stationner des armes nucléaires sur son sol empêcherait ses alliés de potentiellement déployer ou déplacer des armes nucléaires tactiques via son territoire, ajoutant que la Lituanie est le seul pays du flanc oriental de l'Otan à avoir une telle interdiction inscrite dans sa Constitution.
Les responsables baltes soutiennent que la Russie utilise une rhétorique nucléaire pour faire pression sur l'Otan, en évoquant des précédents de menaces nucléaires et d'exercices militaires impliquant le vaste arsenal nucléaire du pays.
La Russie a déjà annoncé le déploiement de missiles nucléaires tactiques au Bélarus, pays voisin des membres de l'UE et de l'Otan que sont la Lettonie, la Lituanie et la Pologne.
En 2022, le ministre lituanien de la Défense de l'époque, Arvydas Anusauskas, avait déclaré que la Russie détenait déjà des armes nucléaires dans l'enclave de Kaliningrad, sur la côte Baltique, coincée entre la Pologne et la Lituanie.
Début octobre, le président russe Vladimir Poutine a également menacé d'utiliser «tous les types d'armes» pour défendre Kaliningrad.
AFP