Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé jeudi que le Liban ne voulait plus être « une arène pour les conflits régionaux ou d’échange de messages », lors d’un entretien à New York avec le président iranien Massoud Pezeshkian, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
La rencontre s’est tenue en présence des ministres libanais et iranien des Affaires étrangères, Youssef Raggi et Abbas Araghchi.
Nawaf Salam a souligné que le Liban avait « payé un prix élevé en matière de sécurité, de stabilité et d’économie », tout en appelant à ouvrir « une nouvelle page » dans les relations avec Téhéran. Selon lui, celles-ci doivent désormais être bâties « d’État à État », sur le respect de la souveraineté et de l’indépendance des deux pays, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et leurs intérêts communs.
Le chef du gouvernement a également demandé à l’Iran de désigner un nouvel ambassadeur au Liban.
Cette demande intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques entre Beyrouth et Téhéran. En mars, les autorités libanaises avaient retiré son accréditation à Mohammad Reza Chibani et l’avaient déclaré persona non grata, lui reprochant une ingérence dans les affaires intérieures libanaises. L’Iran avait alors contesté la décision et annoncé que son représentant resterait à Beyrouth.
Le dossier des armes du Hezbollah, soutenu par Téhéran, reste au cœur des divergences. Le gouvernement libanais poursuit sa politique visant à placer l’ensemble des armes sous l’autorité de l’État et à renforcer le déploiement de l’armée, position que Salam a de nouveau défendue cette semaine lors de ses rencontres à New York.
Face à Pezeshkian, le Premier ministre a ainsi réaffirmé que les priorités de Beyrouth restaient le retrait complet d’Israël du territoire libanais, l’arrêt de ses attaques et l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays, avec le monopole des armes entre ses mains.
Cette position s’inscrit également dans la volonté affichée par Salam depuis le début de l’escalade régionale de maintenir le Liban à l’écart de la confrontation impliquant notamment l’Iran, les États-Unis et Israël. Dès le 28 février, il avait affirmé que le Liban refusait d’être entraîné dans une nouvelle guerre.