La journée de mardi à New York a été marquée pour le Premier ministre Nawaf Salam par une intense activité diplomatique en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies. Au centre de ses démarches: la souveraineté du Liban, le renforcement de l’armée, le retrait israélien, l’avenir de la présence internationale au Liban-Sud après la fin du mandat de la Finul, ainsi que les réformes économiques et financières.

Salam aux côtés de Trump et des dirigeants de la région

Nawaf Salam a participé mardi à une réunion multilatérale organisée et présidée par le président américain Donald Trump, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. La rencontre réunissait les pays du Conseil de coopération du Golfe, ainsi que l’Égypte, la Syrie, la Turquie, l’Irak, la Jordanie et le Liban.

Les dirigeants présents sont parvenus à un consensus sur la nécessité de trouver une voie vers la désescalade au Moyen-Orient. Les discussions ont notamment porté sur une pause dans les hostilités afin d’ouvrir la voie à un processus diplomatique plus large avec l’Iran.

L’après-Finul au cœur des discussions avec l’Espagne

En marge de l’Assemblée générale, Nawaf Salam a rencontré son homologue espagnol Pedro Sánchez, en présence du ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Youssef Raggi.

Les discussions ont porté sur l’escalade régionale et les moyens de la désamorcer, la situation à Gaza et surtout l’avenir de la présence internationale au Liban-Sud après l’expiration du mandat de la Finul, prévue le 31 décembre 2026.

Le Premier ministre libanais a insisté sur la nécessité d’éviter un vide après le retrait de la Finul et de mettre en place un cadre permettant à une présence internationale de poursuivre des missions de surveillance, de signalement et de liaison, tout en soutenant l’armée libanaise dans l’extension de l’autorité de l’État.

Nawaf Salam a également remercié l’Espagne pour son engagement de longue date envers le Liban et sa contribution à la Finul, soulignant l’importance de maintenir ce soutien dans la prochaine phase, notamment pour renforcer les capacités de l’armée libanaise et lui fournir les ressources et les effectifs nécessaires. Pedro Sánchez a, de son côté, salué les réformes entreprises par le gouvernement libanais et réaffirmé le soutien de l’Espagne au Liban et à sa stabilité.

Souveraineté et forces légitimes au Liban et au Yémen

Nawaf Salam s’est également entretenu avec le vice-président du Conseil présidentiel de direction du Yémen, Abdallah al-Alimi, en présence du représentant permanent du Liban auprès de l’ONU, Ahmad Arafa.

Les deux responsables ont souligné l’importance d’étendre l’autorité de l’État et de ses forces légitimes à l’ensemble des territoires libanais et yéménite, dans le but de préserver la souveraineté, la sécurité et la stabilité des deux pays. Ils ont également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de désescalade et d’empêcher de nouvelles confrontations dans la région.

Cette position rejoint l’un des principaux messages défendus par le gouvernement libanais à New York : l’affirmation de l’autorité exclusive de l’État sur l’ensemble du territoire et le renforcement des institutions sécuritaires et militaires officielles.

À la tribune de l’ONU, le Liban au cœur des discours

Nawaf Salam, Youssef Raggi et le représentant permanent du Liban auprès des Nations unies Ahmad Arafa ont participé à l’ouverture du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale.

Plusieurs dirigeants ont évoqué directement la situation du Liban à la tribune.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a réaffirmé le soutien de son pays aux institutions de l’État libanais et à la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire. Il a également dénoncé les attaques israéliennes contre le Liban et affirmé qu’Israël déclarait ouvertement ne pas respecter les arrangements conclus avec Beyrouth.

Dans son discours à l’Assemblée générale mardi, Emmanuel Macron a défendu la souveraineté du Liban. Il a notamment déclaré que «seul un Liban pleinement souverain» pourrait permettre de régler la question des armes du Hezbollah et de rétablir la sécurité.

Macron a également évoqué les Libanais déplacés et les villages détruits dans le Sud par l’armée israélienne, en affirmant que la sécurité d’Israël ne pouvait pas passer par la violation de la souveraineté des pays voisins.

La Ligue arabe

Le Premier ministre Nawaf Salam a aussi rencontré à New York le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, en présence du ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Youssef Raggi.

Salam a remercié le secrétaire général pour les positions de la Ligue arabe en soutien au Liban, à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, notamment son appel au retrait d’Israël des territoires libanais et à la cessation de ses attaques. Il a également salué son soutien aux efforts de l’État libanais visant à étendre son autorité à l’ensemble du territoire et à placer les armes sous son contrôle, ainsi qu’à la mise en place d’une présence internationale au Liban-Sud après la fin du mandat de la Finul.

Le Premier ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de préserver une position arabe unifiée face aux circonstances régionales actuelles et de coordonner les positions et les efforts arabes afin de contribuer à la désescalade et à la stabilité de la région.

Les discussions ont également porté sur la mobilisation d’un soutien arabe au Liban dans le processus de retour, de redressement et de reconstruction, ainsi que sur le soutien aux habitants des zones touchées.

Raggi: soutien du Vatican et coopération internationale

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a, pour sa part, rencontré le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

Le responsable du Saint-Siège a exprimé le vif intérêt du Vatican pour la situation du Liban et souligné la nécessité pour le pays de retrouver sa stabilité. Il a réaffirmé le soutien du Vatican au Liban et sa disponibilité à contribuer aux efforts visant à consolider cette stabilité.

Raggi a présenté les derniers développements des négociations avec Israël, en réaffirmant l’engagement du Liban en faveur de la négociation comme voie vers la sécurité et la paix.

Le ministre libanais a par ailleurs multiplié les contacts avec ses homologues en marge de l’Assemblée générale. Les discussions ont notamment porté sur la situation au Liban et dans la région, le soutien à l’armée libanaise, les formules envisagées pour l’après-Finul ainsi que les réformes engagées par Beyrouth.

Avec Chypre, les échanges ont notamment porté sur les modalités de la présence internationale au Liban-Sud après la Finul, mais aussi sur la coopération énergétique et l’interconnexion électrique entre les deux pays.