Le chanteur marocain Saad Lamjarred, très populaire dans son pays et dans le monde arabe, est jugé en appel à partir de jeudi en France après avoir été condamné en 2023 à six ans de prison pour viol et violences aggravées.

La cour d'assises de Paris avait en 2023 reconnu coupable l'artiste, qui clame son innocence, d'avoir violé et frappé en 2016 dans une chambre d'hôtel Laura P., rencontrée dans une boîte de nuit parisienne.

Saad Lamjarred a été condamné en mai dans une autre affaire à cinq ans de prison par la cour d'assises du Var (sud-est) pour le viol d'une jeune femme en 2018 près de Saint-Tropez, célèbre station de la Côte d'Azur. Il a fait appel.

Le chanteur avait été mis en cause dans des affaires similaires en 2015 au Maroc et en 2010 aux États-Unis, où une procédure pour viol et agression sexuelle a été classée après un arrangement financier avec la victime.

Il est suivi par plus de 15 millions d'abonnés sur Instagram et près de 16 millions sur sa chaîne YouTube.

Le procès en appel à Créteil, dans la région parisienne, qui doit se tenir jusqu'au 25 septembre, était prévu en juin 2025 mais avait été reporté pour conduire des investigations supplémentaires.

Huis-clos 

Un huis clos a été sollicité et accordé à la partie civile.

La victime «le vit encore très mal... Le stress est là parce qu'il faut encore se retrouver face à son agresseur», avait déclaré à l'AFP l'un de ses avocats, Me David Chemmi, avant le début du procès.

Saad Lamjarred, 41 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire.

Il avait contesté avoir eu une relation sexuelle avec Laura P., âgée de 20 ans au moment des faits et lui de 31, reconnaissant uniquement avoir «brutalement poussé au visage» la victime parce qu'elle l'avait griffé alors qu'ils s'embrassaient.

Dans cette affaire, cinq personnes ont été condamnées en avril pour une tentative d'extorsion envers le chanteur: trois millions d'euros lui avaient été réclamés pour que la plainte soit retirée et que la plaignante ne vienne pas témoigner devant les assises.

Laura P. avait été relaxée, le tribunal jugeant qu'aucun élément intentionnel «ne démontrait» qu'elle «était prête à revenir sur ses déclarations dans le but de favoriser un acquittement». Mais sa mère, une avocate et une influenceuse, avaient été condamnées, avec deux autres personnes, à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis.

«Alors que Saad Lamjarred conteste depuis 10 ans les accusations de viol qui d'ailleurs avaient initialement fait l'objet d'un non-lieu de la part du juge d'instruction, il est particulièrement déterminé à se défendre dans un contexte avéré de chantage financier d'une somme de trois millions d'euros sollicité par la partie civile et son entourage notamment», ont déclaré ses avocats, Mes Ouadie Elhamamouchi, Christian Saint-Palais et Marie Burguburu, à l'AFP. 

AFP