Plus d’un mois et demi après l’arrestation de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, le 31 juillet 2026, par le procureur général près la Cour de cassation, puis son placement en détention provisoire sur décision du parquet général près la cour d’appel le 12 août 2026, son avocat, Me Wassim Ghawi, a saisi le premier juge d’instruction de Beyrouth, Rola Othman, d’une demande de remise en liberté fondée sur des motifs juridiques, des faits matériels et des considérations liées à son état de santé.
Dans sa demande, l’avocat affirme que, contrairement à l’acte d’accusation ayant déclenché les poursuites contre Riad Salamé pour détournement de fonds de la Banque du Liban, la partie civile, à savoir la Banque du Liban elle-même, a explicitement confirmé que le prêt accordé à la Bank Audi en 2010 appliquait la décision du Conseil central et non celle du gouverneur. Ce prêt a été intégralement remboursé en 2012, avec un taux d’intérêt de 5%, pour un montant total d’intérêts de 33 millions de dollars. Le second prêt, accordé en 2014, a lui aussi été intégralement remboursé en 2016, avec un taux d’intérêt de 6,5%.
Cette confirmation revêt une importance capitale puisqu’elle contredit l’existence du préjudice allégué et remet en cause les fondements de l’accusation d’appropriation indue.
L’avocat de Riad Salamé ajoute que le juge d’instruction qui l’a interrogé le 12 août 2026 a délivré à son encontre un mandat de dépôt sans exposer les motifs factuels et matériels de sa décision, en violation des conditions minimales requises pour le placement en détention provisoire prévues par l’article 107 du Code de procédure pénale.
L’avocat invoque également l’état de santé critique de son client, attesté par les rapports de ses médecins traitants ainsi que par par les experts judiciaires mandatés, qui alertent sur les risques graves que ferait peser une détention prolongée sur sa vie et son intégrité physique.
En conclusion, Me Ghaoui estime que l’absence de préjudice financier, confirmée par la Banque du Liban, conjuguée à la gravité de la situation médicale de son client, rend le maintien en détention injustifié. Il considère que cette mesure, disproportionnée, se transforme en une peine anticipée, contraire à l’esprit de la détention préventive.
Partant, la détention de Riad Salamé constituerait une mesure disproportionnée au regard de la finalité légale de la détention provisoire et se transformerait, dans les faits, en une peine anticipée, alors même que les éléments du dossier contrediraient une telle mesure.
En conséquence, il demande donc à la juge d’instruction de faire respecter les dispositions de l’article 107 et d’appliquer l’article 111 du Code de procédure pénale, en ordonnant la remise en liberté de Riad Salamé.