Écolages 2026-2027: jusqu’à 30 % de hausse, la rentrée salée
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Septembre n’est plus seulement le mois de la rentrée : pour les ménages ayant des enfants scolarisés, c’est devenu celui de l’addition. Écolages, frais annexes et dépenses scolaires alourdissent chaque année la facture. Pour 2026-2027, la bataille autour des écolages dépasse le simple bras de fer entre écoles et parents : elle pose désormais une question de pouvoir d’achat, mais aussi d’accès à l’enseignement privé, alors que les établissements sont eux-mêmes confrontés à une inflation locale et internationale qui alourdit leurs charges. Les chiffres de l’Administration centrale des statistiques montrent un indice des prix de l’enseignement en augmentation de 35,72 % en août 2026 en glissement annuel, soit une fois et demie le taux d’inflation de 15,6 % sur la même période.

Des hausses de 15 % à 30 %

Pour la rentrée 2026-2027, la facture scolaire s’annonce une nouvelle fois particulièrement lourde pour les familles. Selon la Fédération des comités de parents, les augmentations d’écolages approuvées par les établissements varient entre 15 % et 30 %.

La dépense est loin d’être négligeable : la moyenne des écolages se situe autour de 4 000 dollars par an, mais peut atteindre 8 000 dollars dans les établissements de première catégorie, selon les chiffres avancés par les représentants des parents.

Ces augmentations interviennent alors que les revenus des ménages restent faibles après plusieurs années de crise. Pour de nombreuses familles, la scolarité privée représente ainsi une part croissante du budget annuel.

Du côté des établissements, ces hausses seraient toutefois devenues nécessaires pour absorber l’augmentation de leurs charges.

Des coûts en forte hausse pour les établissements

Une source proche du secrétariat général des écoles catholiques estime que chaque établissement doit être examiné séparément, en concertation avec son comité de parents, car les structures et les charges diffèrent d’une école à l’autre.

Les établissements font face, selon elle, à une augmentation sensible de leurs coûts opérationnels, notamment ceux liés aux dérivés pétroliers, au matériel et aux équipements scolaires ainsi qu’aux salaires du personnel enseignant.

Ces coûts opérationnels représenteraient 35 % du budget global d’un établissement, affirme-t-elle. Dans le même temps, les écolages acquittés par les parents demeureraient insuffisants au regard de l’augmentation des charges.

« La hausse des frais de scolarité est directement liée à la capacité de l’établissement à maintenir son équilibre financier et à rester opérationnel », martèle de son côté une autre source d’une école privée non catholique, qui a requis l’anonymat.

Le débat ne porte donc pas uniquement sur le niveau de l’écolage, mais sur la capacité des écoles à financer leur fonctionnement sans faire peser l’intégralité de l’ajustement sur les familles.

Le comité de parents, un garde-fou prévu par la loi 515

C’est précisément dans ce contexte que la loi 515 du 6 juin 1996 prend toute son importance.

Jusqu’à nouvel ordre, ce texte constitue le cadre légal qui régit les budgets des écoles privées non gratuites et la détermination des frais de scolarité. Il ne fixe toutefois pas un montant uniforme d’écolage pour l’ensemble des établissements.

Son principe est différent : l’écolage doit découler du budget de l’école.

Le comité des parents n’est donc pas seulement chargé de transmettre les doléances des familles. Dans le mécanisme prévu par la loi 515, il participe à l’examen du budget de l’établissement et constitue l’un des garde-fous permettant aux parents de vérifier la justification des hausses d’écolage.

Une augmentation ne devrait ainsi pas être considérée isolément, mais examinée à la lumière des dépenses et du budget global de l’établissement.

La loi prévoit par ailleurs des mécanismes de contrôle et de contestation, notamment à travers les conseils arbitraux, tandis que le ministère de l’Éducation exerce une surveillance administrative sur les budgets et les écolages.

Le président de la République, Joseph Aoun, a lui-même récemment rappelé aux représentants des parents la nécessité d’exercer les pouvoirs que la loi leur confère en matière de contrôle et de reddition de comptes.

Comment l’écolage est-il calculé ?

Le mécanisme prévu par la loi repose sur un principe relativement simple : le budget est établi à partir des dépenses de l’établissement, rapportées au nombre d’élèves, avec certaines corrections, notamment pour tenir compte des bourses et des élèves exonérés.

La loi distingue également les dépenses liées aux salaires et charges salariales des autres dépenses.

Une étude consacrée aux écoles privées au Liban par l’Agence française de développement en 2021 rappelle ainsi la règle selon laquelle les salaires et charges salariales doivent représenter entre 65 % et 75 % des dépenses.

Cette architecture budgétaire explique pourquoi la question des salaires des enseignants est au cœur du débat : toute revalorisation des rémunérations et des charges qui en découlent se répercute sur l’équilibre financier de l’établissement.

Elle implique également que les parents disposent d’une visibilité suffisante sur les différents postes du budget pour comprendre et, le cas échéant, contester la hausse demandée.

Une réforme toujours attendue

Le débat intervient alors que le Parlement travaille depuis 2025 à une réforme de la loi 515.

Une sous-commission parlementaire a achevé en juillet 2025 l’examen d’une proposition visant à modifier les règles relatives aux budgets scolaires et à la fixation des écolages.

En décembre 2025, la Commission parlementaire de l’Éducation a approuvé la proposition, après modification.

Mais tant que la réforme n’est pas définitivement adoptée et promulguée, le cadre légal actuel demeure applicable.

Pour la rentrée 2026-2027, le véritable enjeu est donc double : permettre aux écoles de couvrir des charges qui ont fortement augmenté tout en garantissant aux parents que chaque hausse d’écolage repose sur une justification budgétaire transparente et conforme à la loi.

Car derrière la bataille des pourcentages se joue désormais une question plus fondamentale : combien une famille doit-elle consacrer à l’éducation de ses enfants, et jusqu’où peut-elle encore supporter cette facture ?

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