Salim Sfeir a été reconduit pour la quatrième fois à la présidence de l’Association des banques du Liban (ABL), à l’issue des élections de son conseil d’administration, organisées mardi et remportées par la liste sortante par acclamation.
La reconduction de Salim Sfeir intervient alors que le secteur bancaire libanais continue de faire face aux conséquences de la crise financière qui frappe le pays depuis plusieurs années. Elle traduit la volonté du secteur de poursuivre une approche privilégiant la recherche d’une solution à la crise et la reconstruction de la confiance.
La réélection de Sfeir à la tête de l’ABL s’explique par une série d’éléments jugés positifs pour le secteur bancaire, enregistrés au cours de la crise et durant son mandat.
Parmi les principaux facteurs avancés figurent la reconnaissance du caractère systémique de la crise, plutôt que d’une crise propre au secteur bancaire, ainsi que la confirmation par les responsables libanais, au premier rang desquels le président de la République, que sa résolution doit reposer sur une approche participative associant l’État, la Banque du Liban et les banques.
À cela s’ajoute la conviction des déposants que les banques œuvrent dans leur intérêt et non contre eux, avec pour priorité la restitution de leurs dépôts.
Sfeir appelle à passer de la gestion à la résolution de la crise
À l’issue de sa réélection, Salim Sfeir a estimé que le Liban ne pouvait plus rester dans une logique de gestion de crise après plusieurs années d’impasse.
«Le Liban a payé un lourd tribut au cours des dernières années. Les déposants ont payé un prix, l’économie a payé un prix et le secteur bancaire a payé un prix», a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’était désormais plus acceptable que le pays reste dans la même situation.
Selon lui, la priorité doit désormais être de parvenir à une solution capable de préserver les droits des déposants et de rétablir la confiance dans le système financier.
L’objectif, a-t-il ajouté, doit être de sortir de la crise avec un secteur bancaire plus solide et des banques libanaises capables de poursuivre leurs activités, de se développer et de retrouver leur rôle traditionnel dans le financement de l’économie.
Sfeir a également insisté sur la nécessité de préserver le plus grand nombre possible de banques libanaises viables. Selon lui, le maintien d’un secteur bancaire large, diversifié et capable de fonctionner ne constitue pas uniquement un enjeu pour les établissements bancaires, mais représente également une condition importante pour la relance de l’économie.
Il a appelé, dans ce cadre, à travailler avec la Banque du Liban et le gouvernement afin de garantir les sources de financement nécessaires au redémarrage de l’activité bancaire et à la reprise du financement des entreprises et des particuliers.
Une solution qui implique tous les acteurs
Le président de l’ABL a réaffirmé la volonté de l’association de poursuivre le dialogue et de présenter des propositions et des alternatives pour parvenir à un traitement qu’il veut «juste et équilibré», à même de protéger les droits des déposants tout en préservant la capacité du secteur bancaire à poursuivre ses activités et à se développer.
Il a également estimé que le Liban se trouvait aujourd’hui face à une «véritable opportunité» avec le président de la République, Joseph Aoun, et le gouvernement de Nawaf Salam.
«Il s’agit d’une opportunité pour passer de la gestion de la crise à sa résolution», a-t-il affirmé.
Salim Sfeir a appelé l’État, la Banque du Liban et le secteur bancaire à œuvrer ensemble à l’élaboration d’une solution applicable, susceptible de restaurer la confiance et de préserver l’avenir de l’économie libanaise.
Pour lui, une crise d’une telle ampleur ne peut être attribuée à un seul acteur, pas plus qu’une solution durable ne peut être construite aux dépens d’une seule partie.
Vers un nouveau secteur bancaire
Après plusieurs années consacrées à la gestion de la crise, Salim Sfeir estime désormais que le moment est venu de franchir une nouvelle étape.
«Après des années de gestion de la crise, il est temps de passer à la solution», a-t-il déclaré, «Nnous comptons sur l’État, la Banque du Liban et le secteur bancaire pour parvenir à une solution applicable, capable de restaurer la confiance et de préserver l’avenir de l’économie libanaise. Car une crise d’une telle ampleur ne peut être imputée à un seul acteur, pas plus qu’une solution durable ne peut être construite au détriment d’une seule partie.
Il a enfin souligné que cette transformation devait répondre à un double impératif: restaurer la place et le rôle du secteur bancaire dans l’économie tout en plaçant les droits des déposants au cœur de toute solution.
«C’est notre responsabilité. C’est le défi que nous devons relever ensemble», a conclu le président reconduit de l’Association des banques du Liban.



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