Tir à l’arc: le Liban se frotte au gratin mondial à Tarente
Des archers libanais lors du Championnat du Liban de tir à l’arc. ©DR

Première salve tirée pour le Liban aux Jeux méditerranéens de Tarente. Marianne Allam et Dina Hajjar ont bouclé mercredi les qualifications de l’arc classique féminin aux 25e et 28e places. Le plus dur commence désormais: jeudi, Allam croisera la Française Lisa Barbelin, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, tandis que Hajjar défiera la Turque Elif Gokkir, l’une des valeurs montantes du circuit européen.

Le premier verdict est tombé.

Sur la ligne de tir de Crispiano, Marianne Allam et Dina Hajjar ont décoché mercredi leurs 72 flèches de qualification à 70 mètres, première étape d’un tournoi méditerranéen particulièrement relevé.

Allam a totalisé 531 points pour prendre la 25e place. Hajjar a terminé 28e avec 344 unités.

Devant, le ton a rapidement été donné. L’Italienne Roberta Di Francesco a pris la pole avec 659 points, un petit point devant l’Espagnole Elia Canales. La Turque Dunya Yenihayat complète le trio de tête avec 656.

Allam tombe sur une médaillée olympique

Le classement de mercredi n’était cependant qu’un placement sur la grille.

À partir de jeudi, place aux duels à élimination directe, où les cartes sont rebattues et où la pression change de nature.

Marianne Allam héritera d’un gros morceau: Lisa Barbelin.

La Française, huitième des qualifications avec 640 points, n’est autre que la médaillée de bronze individuelle des Jeux olympiques de Paris 2024. Elle fut alors la première Française à monter sur un podium olympique individuel en tir à l’arc.

Pour Allam, récente championne régionale francilienne à 70 mètres, le changement de braquet est évident.

Mais le format des duels peut aussi réduire une partie des écarts. Contrairement aux qualifications, où chaque point s’additionne sur 72 flèches, les matchs se jouent par sets de trois flèches. Deux points sont attribués pour un set remporté, un en cas d’égalité, et la première archère à six points valide son billet.

Une mauvaise volée peut donc coûter cher. Une série de 10 peut, elle, faire basculer un duel.

Hajjar face à une étoile montante turque

Dina Hajjar n’aura pas davantage droit à un tour de chauffe.

La Libanaise affrontera Elif Gokkir, cinquième des qualifications avec 649 points.

À seulement 19 ans, la Turque s’est déjà installée parmi les jeunes archères les plus prometteuses du continent. Elle a notamment remporté cette saison le Grand Prix européen d’Antalya après avoir battu en finale la championne du monde 2023 Marie Horackova.

Autrement dit, les deux représentantes libanaises devront immédiatement se mesurer à des adversaires qui ont l’habitude des rendez-vous internationaux.

Un énorme test pour le Liban

C’est aussi ce qui donne tout son intérêt à cette compétition.

Le tir à l’arc rassemble à Tarente 66 athlètes de 18 nations, avec cinq titres méditerranéens et des points au classement mondial en jeu.

Le plateau masculin aligne notamment le champion olympique Mete Gazoz et le champion du monde Andres Temiño Mediel. Chez les dames, Elia Canales, Roberta Di Francesco ou Lisa Barbelin donnent la mesure du niveau présent sur la ligne de tir.

Pour le Liban, le contingent est réduit à deux archères. Pas question donc de parler de profondeur d’équipe ou de viser un classement collectif.

L’enjeu est ailleurs: offrir à Allam et Hajjar des duels face à des références qu’elles croisent rarement, mesurer l’écart et tenter de profiter du format à élimination directe pour bousculer la hiérarchie.

Les qualifications ont posé le décor. Jeudi matin, chaque flèche pèsera beaucoup plus lourd.

À 70 mètres, les écarts peuvent sembler immenses sur une feuille de résultats. En duel, il suffit parfois de trois flèches bien placées pour commencer à les effacer.

 

 

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