Nouveau vote au Conseil de sécurité pour désigner le prochain chef de l'ONU
Des membres du Conseil de sécurité des Nations unies votent en faveur d’un projet de résolution lors d’une réunion consacrée à la situation au Moyen-Orient, le 7 avril 2026 à New York. ©Michael M. Santiago / Getty Images North America / Getty Images Via AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni vendredi à huis clos pour une deuxième séance de «vote indicatif» pour la désignation du futur secrétaire général, dans un contexte de profondes divisions au sein de l'institution.

Aucune information n'a filtré de la séance.

«Il est encore trop tôt pour un consensus», a simplement déclaré à l'issue du vote le représentant permanent de la République démocratique du Congo (RDC), Zenon Ngay.

Interrogée sur la date d'un prochain scrutin, la présidente du Conseil, la Danoise Christina Lassen, a répondu que la question allait être maintenant «examinée».

Cinq femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder au Portugais Antonio Guterres, 77 ans, qui terminera fin décembre son deuxième mandat de cinq ans.

Réunis à huis clos, les 15 membres du Conseil ont anonymement assigné à chaque candidat une mention: «encourage», «décourage» ou «sans opinion».

Au terme d'un premier scrutin le 30 juillet, Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et patronne de l'agence de l'ONU pour le Commerce et le Développement (Cnuced), âgée de 70 ans, avait reçu le plus de mentions favorables.

Le choix intervient alors que l'ONU traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire, confrontée à l'affaiblissement du multilatéralisme, des divisions persistantes au Conseil de sécurité et de graves difficultés financières.

Sous pression notamment des États-Unis, qui contestent régulièrement son rôle et ses financements, l'ONU peine à peser sur plusieurs conflits majeurs, tandis que les coupes budgétaires menacent ses opérations humanitaires.

Pour l'emporter au terme de cette procédure qui pourrait prendre encore des semaines voire des mois, un candidat doit recueillir au moins neuf voix, en évitant un veto des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni).

Le nom est alors soumis à l'Assemblée générale, qui en pratique suit la nomination du candidat recommandé.

Beaucoup de flou

Selon une tradition géographique d'alternance entre continents, pas toujours respectée, l'Amérique latine revendique cette fois le poste, ce qui explique que la majorité des candidats en soient originaires.

De nombreux États poussent également pour qu'une femme prenne pour la première fois la tête de l'ONU.

Mme Grynspan a pour le moment notamment devancé l'ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans, et le dirigeant de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin Rafael Grossi, 65 ans.

Sont également candidats l'ex-présidente chilienne Michelle Bachelet (74 ans), l'Équatorienne Maria Fernanda Espinosa (61 ans), l'Ougandais Olara Otunnu (75 ans), l'ex-président sénégalais Macky Sall (64 ans) et l'Équatorienne Ivonne A-Baki (75 ans).

Personne ne se risque à faire de pronostic, tant les préférences des différents membres apparaissent encore très floues, notamment s'agissant des grandes puissances.

«Les membres permanents attendent souvent que le processus soit plus avancé pour dévoiler leurs véritables préférences», relève pour l'AFP Daniel Forti, analyste au sein de l'International Crisis Group.

De nouveaux prétendants au poste pourraient même voir le jour, a souligné jeudi devant la presse Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie à l'ONU.

«Si, par exemple - je spécule maintenant - il y a un blocage autour de l'un des candidats que nous voyons, si aucun d'entre eux ne décolle, alors je pense que nous pourrions voir apparaître d'autres» personnalités, a-t-il dit.

Le processus a en outre donné lieu à de vives attaques de la part de certains membres permanents du Conseil de sécurité contre la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, l'Allemande Annalena Baerbock, qui pousse pour une procédure beaucoup plus transparente.

Rarement alignés, les États-Unis et la Russie sont cette fois montés au créneau pour défendre les prérogatives du Conseil, estimant que Mme Baerbock sortait du cadre de ses fonctions en exigeant notamment que soient pris en compte des débats organisés avec les candidats par l'Assemblée générale.

Par Raphaël HERMANO, AFP

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