Un ressortissant afghan a été exécuté jeudi par la justice iranienne, pour sa participation aux vastes manifestations antigouvernementales de janvier, selon un groupe de défense des droits humains.
Fin décembre, un mouvement de contestation initialement lancé contre la vie chère s'est rapidement mué en vastes manifestations antigouvernementales, qui ont culminé les 8 et 9 janvier, réprimées dans le sang par le pouvoir.
Des ONG parlent d'une répression ayant fait des milliers de morts, quand le pouvoir a reconnu plus de 3.000 morts, imputant les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël.
Ghaem Hosseini a été pendu, coupable d'être impliqué dans un accident ayant entraîné la mort de quatre policiers dans le centre d'Ispahan, a rapporté jeudi l'agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire, sans préciser sa nationalité.
L'ONG basée en Norvège Iran Human Rights (IHR) a précisé jeudi que le jeune homme de 21 ans était originaire d'Afghanistan.
Selon l'IHR, M. Hosseini a été accusé d'avoir donné un coup de pied à l'un des policiers et «les autorités n'ont présenté aucune preuve démontrant que ses actes aient entraîné la mort d'un quelconque policier».
Ce cas est «un exemple frappant de punition collective et de recours arbitraire à la peine de mort par la République islamique», a déclaré le directeur de l'IHR Mahmood Amiry-Moghaddam.
M. Hosseini est la cinquième personne et le deuxième Afghan après Gol-Mohammad Mohammadi à avoir été pendu dans cette affaire, pour laquelle 12 personnes ont été condamnées à mort.
Les exécutions se sont accélérées en Iran depuis le début de la guerre avec les États-Unis, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.
Selon l'IHR, depuis la reprise des exécutions en temps de guerre le 19 mars, au moins 30 manifestants ont été exécutés: 28 dans le cadre des manifestations de janvier et deux dans le cadre des manifestations «Femmes, Vie, Liberté» qui ont éclaté en 2022.
«Plus d'un manifestant par semaine est exécuté en moyenne», a indiqué l'IHR.
Selon l'ONG, des centaines d'autres manifestants ont été condamnés à mort ou font l'objet de poursuites pouvant aboutir à la peine capitale, dont plus de 70 à Ispahan, principale ville du centre de l'Iran et l'un des épicentres des manifestations en janvier.
Selon Amnesty International, l'Iran a exécuté au moins 2.159 personnes en 2025. Mais les autorités semblent désormais intensifier les exécutions de manifestants et d'autres personnes considérées comme des prisonniers politiques dans le cadre du conflit.
Plus de 30 pays, dont la France, la Grande-Bretagne et le Canada, ont condamné la semaine dernière le recours à la peine capitale par l'Iran, affirmant que la République islamique exécutait des manifestants pour «faire taire la dissidence.
AFP



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