Face à l’intensification des attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, le comité du pacte de La Mecque a décidé d’activer une « dissuasion collective » et de mettre en œuvre les engagements militaires prévus par l’accord, signé le 7 août 2026. Ankara et Islamabad doivent notamment fournir les forces et capacités convenues et permettre leur déploiement rapide en Arabie saoudite.
Reste à savoir ce que cela signifie concrètement sur le terrain. Défense aérienne et protection des infrastructures saoudiennes, ou implication dans des opérations plus offensives contre les capacités des Houthis? Pour Riad Kahwaji, analyste militaire et expert en sécurité au Moyen-Orient, interrogé par Ici Beyrouth, c’est précisément la nature de cet engagement qui déterminera la portée réelle de l’accord.
Selon lui, la Turquie et le Pakistan disposent de capacités militaires importantes, notamment aériennes, navales et terrestres. Mais leur niveau d’implication et les missions qui leur seront confiées restent encore à préciser.
L’activation du pacte constitue également, selon Kahwaji, un signal adressé à l’Iran: une attaque contre l’Arabie saoudite pourrait désormais engager les trois pays. Une nouvelle donne alors que Riyad intensifie sa pression militaire contre les Houthis au Yémen.
Et cette nouvelle configuration pourrait avoir des répercussions au-delà du théâtre yéménite. Riad Kahwaji souligne que si la pression sur les Houthis se poursuit, l’Iran pourrait chercher à mobiliser d’autres acteurs de son réseau régional, notamment en Irak ou au Liban, dans une logique de « front de soutien ».
Dès lors, l’enjeu est aussi de savoir jusqu’où Ankara et Islamabad iront dans la mise en œuvre de leurs engagements, et surtout comment Téhéran choisira de réagir. La portée réelle du pacte de La Mecque dépendra donc moins de son principe que de sa traduction concrète sur le terrain : forces déployées, missions confiées et niveau d’implication dans le conflit.