La direction de la sécurité intérieure dans le gouvernorat d’Alep a annoncé la fin des opérations de sécurité à Aïn al-Arab (Kobané), dans le nord de la Syrie, après le déploiement de ses forces, la reprise du contrôle sécuritaire et le retour au calme dans la ville, selon un communiqué cité par Sky News.
Les forces de sécurité intérieure sont entrées à Kobané afin de «prévenir tout acte de désordre», de préserver la sécurité et la stabilité, de protéger les habitants et de sécuriser les institutions et les infrastructures publiques, selon le communiqué.
D’après la sécurité intérieure syrienne, 19 de ses membres ont été blessés au cours des opérations. Sept personnes présentées comme impliquées dans les événements ont également été arrêtées et doivent être soumises aux procédures judiciaires.
Ces opérations interviennent alors que plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn, dans le nord-est du pays. Mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local.
Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central, prévoyant l'intégration au sein de l'État des institutions de l'administration autonome, prévoit également le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).
Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 personnes avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque «délibérée et préméditée» de «groupes armés», qui a fait plusieurs blessés.
Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtés, mais les retours «ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants», a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.
«Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour», a-t-il ajouté.
Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre «dans les tout prochains jours», alors qu'environ 100.000 personnes souhaitent au total rentrer chez elles.
Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et de leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 kilomètres le long de la frontière avec la Turquie.
«Comme un rêve»
L'attaque a déclenché une protestation à Qamishli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.
À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'État syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.
«Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour», a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier.
Il a appelé le peuple kurde «à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables», assurant être en lien avec les autorités pour «garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux».
Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP avait vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, ainsi que des familles prêtes à prendre la route.
«J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin», a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.
Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et des biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn.
Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.
Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était «complètement détruite». Mais «nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire», dit cette femme.
Au total, quelque 5,5 millions de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.
Avec AFP



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