Gaz naturel, pétrole irakien: Saddi trace la feuille de route énergétique du Nord
Le ministre de l'Énergie Joe Saddi inspecte les installations pétrolières et gazières de Beddawi. ©Al-Markazia

Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Joe Saddi, a entamé lundi une visite à Tripoli par une tournée des installations pétrolières et gazières de la région de Beddawi, afin de s'informer de leur état, du fonctionnement de leurs équipements et de leurs besoins en matière de développement et d'extension.

Le ministre a également suivi l'avancement des travaux d'entretien du gazoduc, réalisés par la société égyptienne TGS.

Des travaux entamés il y a deux semaines

Ces travaux, débutés il y a environ deux semaines, doivent se poursuivre pendant quatre semaines. Une seconde phase d'essai, d'une durée de deux semaines, sera ensuite lancée avec la mise en circulation du gaz, afin de vérifier la sécurité et la capacité opérationnelle du gazoduc.

À Beddawi, le ministre a inspecté les différents départements et infrastructures des installations, notamment les réservoirs de stockage, et s'est informé de leurs capacités, de leur état opérationnel, ainsi que des travaux d'entretien et de réhabilitation nécessaires. Il a également examiné les possibilités d'augmenter les capacités de stockage, afin de mieux exploiter les infrastructures existantes et de renforcer leur rôle dans le stockage des produits pétroliers et du gaz.

Le passage au gaz naturel, «une étape essentielle»

Devant les journalistes, le ministre a souligné que la transition de la production d'électricité vers l'utilisation du gaz naturel constituait une étape essentielle pour réduire les coûts de production et limiter l'impact environnemental. Il a précisé que les travaux de réhabilitation du gazoduc reliant la centrale de Deir Ammar à la station de Daboussiyé, en Syrie, avançaient conformément au calendrier établi.

Les contrats d'achat de gaz «dans leur phase finale»

Concernant l'approvisionnement en gaz, le ministre a indiqué que les contrats d'achat et de transit du gaz via la Syrie étaient dans leur phase finale. Ils seront soumis au conseil d'administration d'Électricité du Liban, en tant qu'entité acheteuse, avant d'être transmis au Conseil des ministres pour approbation définitive.

M. Saddi a expliqué que le projet prévoyait l'achat conjoint de gaz naturel liquéfié (GNL) avec la Jordanie et la Syrie, selon un mécanisme de mutualisation des achats («pooling»). Le gaz doit arriver à Aqaba, en Jordanie, avant d'être acheminé vers la Syrie dans le cadre d'un mécanisme d'échange («swap»), permettant son transport à travers le réseau gazier syrien jusqu'à la centrale de Deir Ammar.

Les deux contrats soumis à Électricité du Liban porteront respectivement sur l'achat du gaz et sur son transit et son échange via la Syrie. Le ministre a confirmé que les autorités syriennes avaient donné leur accord à ce mécanisme, précisant que la priorité actuelle restait l'achèvement des travaux de réhabilitation du gazoduc dans les délais prévus, avant de procéder aux tests nécessaires en vue de sa mise en service.

Des empiètements sur l'emprise du gazoduc dans le Nord

Évoquant les empiètements sur l'emprise du gazoduc dans certaines régions du Nord, le ministre a fait état de maisons situées à proximité de son tracé, rappelant que les gazoducs sont soumis à des distances de sécurité réglementaires. Ce dossier fait l'objet d'un suivi dans le cadre des travaux de réhabilitation.

Étape à la centrale de Deir Ammar

Le ministre s'est ensuite rendu à la centrale électrique de Deir Ammar. Il a inspecté les différents départements et pris connaissance des opérations de production d'électricité, des besoins techniques et opérationnels de la centrale, ainsi que de son niveau de préparation au passage au gaz naturel.

Cette tournée s'inscrit dans le cadre du suivi sur le terrain des infrastructures énergétiques du Nord, alors que la centrale de Deir Ammar est appelée à fonctionner prochainement au gaz naturel, dans le cadre du projet de transition du secteur électrique vers cette source d'énergie.

«Tirer davantage parti» des infrastructures et de la position stratégique de Tripoli

Le ministre s'est ensuite exprimé lors d'une réunion à Tripoli avec les députés de la ville, ainsi que les bâtonniers et représentants des professions libérales du Nord, portant sur le projet de passage au gaz naturel pour la production d'électricité, la réhabilitation du gazoduc devant alimenter la centrale de Deir Ammar, et la remise en activité des installations pétrolières de Tripoli. Il y a souligné l'importance stratégique de Tripoli et la nécessité de tirer davantage parti de ses infrastructures et de sa position géographique.

Il a indiqué que les travaux d'entretien du gazoduc reliant les installations de Tripoli à la centrale de Deir Ammar se poursuivent et devraient nécessiter encore environ quatre semaines. La centrale, a-t-il ajouté, est prête à fonctionner au gaz, avec l'appui d'ingénieurs allemands spécialisés lors de la transition du fioul au gaz naturel.

Vers une réactivation des installations pour le pétrole irakien

Le ministre a également évoqué la possibilité de réactiver les installations de Tripoli pour accueillir et stocker du pétrole irakien, en vue de sa réexportation. «Les infrastructures disposent d'une capacité de stockage d'environ 110.000 tonnes, dont une partie pourrait être utilisée sans travaux majeurs de réhabilitation», a-t-il précisé.

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